P. Bouhours, Enlreliens d'Arhle et d'Lmjrtir. p. Ih'.i
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viatives facilitant la connaissance et l'application des règles. Le P. Condren, de l'Oi-afoire, les résuma en un tableau qui permettait de les embrasser d'un seul coup d'œil et de saisir l'enchaînement de la syntaxe grammaticale, moyen ingénieux, mais plus utile ])our rappeler ce que l'on a ai)pris que pour ap])n!n(lre ce qu'on ne sait pas.
,].',]. Rousseau ne pouvait niantiuor de prendre part à la criti({ue des méthodes grammaticales; aucune ne lui parut bonne et nécessaire. « C'est à l'élève de découvrir les règles, dit-il, et de composer sa grammaire. )) L'idée n'est pas mauvaise en théorie, elle convient même à des esprits studieux et réfléchis, mais nous la jugeons impraticable pour la majorité des enfants.
Un moyen plus facile et plus utile pour apprendre aux élèves à parler en français correctement et en bons termes est (( de les familiariser d'abord, dit Rollin, avec les règles les plus élémentaires de la grammaire et de les exercer ensuite, dès qu'ils sont un peu avancés dans l'intelligence des auteurs latins, à traduire par écrit des passages bien choisis * )).
La recherche du mot propre pour bien rendre la pensée de l'auteur latin est en effet des plus utiles. Il n'est pas d'élève un peu intelligent qui n'ait à sa disposition un fonds de mots de signilication à peu prhs semblable mais ditTérant cependant par certaines nuances : choisir la bonne est le travail qu'il doit s'imposer et c'est ce qui fait le mérite de toute traduction.
Rollin consacre quarante-sept pages à cet exercice qui, bien dirigé, forme le goût et donne au style la correction nécessaire. Quel que fût son attachement bien naturel pour le latin qu'il parlait et écrivait si facilement, il ne reconnaissait et ne préconisait pas moins le mérite du français. « Ce qui rend notre langue supérieure au latin et au grec c'est d'être, dit-il, ennemie de tout embarras et de présenter à l'esprit une telle clarté qu'on ne peut ne pas l'entendre quand elle est maniée par une habile main -. »
Rivarol pensait de même. Tout ce qui n'est pas clair nest pas français, disait-il. Toutes les cours de l'Europe ont, en raison
d. Traité, t. I, p. 35.
•2. Ibui., p. 16.
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de cette qualité, adopté la langue française pour la rédaction des traités internationaux et cet usage s'est perpétué de nos jours.
(( C'est ainsi, ajoute Rollin, que par d'heureuses compensations le français se dédommage de ce qui peut lui manquer.
Ce qui lui manque c'est de ne pouvoir varier à l'infini la
force et la signification des mots, soit dans les noms, soit dans les verbes, par la variété des ])répositions qu'on y joint; d'être excessivement gêné et contraint par la nécessité d'un certain arrangement qui lui laisse rarement la liberté de transposer les mots; d'être asservi aux mêmes terminaisons dans tous les cas de ses noms et dans plusieurs temps de ses verbes, surtout pour le singulier; d'avoir un genre de moins que les deux autres langues, savoir : le neutre; de ne connaître ni comparatif ni su])erlatif, à l'exception d'un très petit nombre de mots empruntés au latin; de ne faire guère, non plus, usage des diminutifs qui donnent au grec et au latin tant de grâce et de délicatesse '. »
Beaucouj) de ces défauts n'existaient pas dans le vieux français de Joinville, de Froissart, d'Amyot, et dans les poètes du xv'' et du xvr siècle; l'extrême rigueur de Ménage, de Vaugelas, de Balzac et les préciosités de l'Hôtel de Rambouillet avaient élevé bien des barrières. Kollin regrette avec raison ce bon vieux gaulois. (( Il a. dilii. un ;iir de fraîcheur qui le fait rajcuiiif, ce semble, de jour en jour. Aussi de trt's habiles gens aiment mieux employei' la liadudion d'Amyot (|ue de traduire eux-mêmes le passage de IMn[ar(|U(' ((u'ils citent, .le ne le lis jamais — c'est M. lincinc t\\\\ \):w\r ---. sans i-cgri'ller la perle d'une inlinit('' de itons \iiMi\ mois, de ce vieux langage pres(|ue aussi ('■nergi(|ue (|ne celni de l'lular(|ne. Nous laissons notre langue s'a|)pauviir Ions les joiu's, au lieu de siuigei-. à l'exeiiqde des Anglais nos voisins, à dé-cotni-ii- des moyens de reni'ichir. On (lil i|ne nos <lanies |iai' Irop de didicalesse sont cause, en partie. (Il' celte disette. VAU's devraient plutôt favoriser la sage hardiesse d'écrivains d'un cei'tain nK'-rite, comme ceux ci, de leur C('il('', (le\i'aienl (le\enii' pins hardis cl hasarder |ilns de mots nouveaux qu'ils ne font, mais toujours avec une retenue et une discr(''tion juilicieuse ■'. »