Trailé, t. 1, il
Pour y remédier, il trace le |)lnn d'un livre « donnant des définitions ])ien exactes, joignant aux préceptes quelffues réilexions, quelques exemples, et indiquant sur chaque matière les beaux endroits de Cicéron, de Quintilien, et même de Longin. On lirait aux jeunes gens dans la classe une partie de ces endroits, et ils pourraient eux-mêmes en consulter d'autres '. »
Ces autres dans la pensée de Rollin n'étaient malheureusement pas des auteurs français. Il n'en parle pas, et cette exclusion est regrettable, car la littérature nationale, au temps où parut le Traité, était déjà riche en exemples d'un plus grand intérêt pour les Français que ceux empruntés à Cicéron et à Quintilien. Mais noublions pas que Rollin, tout hardi et pénétré qu'il fût de l'esprit de Port-Royal, en osant écrire ses ouvrages en français, restait néanmoins par piété filiale l'enfant de VAlma Mater, la vénérable Université, qui ne voyait de véritable éloquence que celle de Cicéron et n'admettait d'autres discours que ceux composés en latin.
Cette lacune ne tarda heureusement pas à être comblée, et ce fut Crévier qui, malgré son admiration pour Rollin dont il était le disciple favori, compléta l'œuvre de son vénéré maître en publiant, lui aussi, une rhétorique non seulement écrite en français, mais encore accompagnée de nombreux exemples tirés des grands écrivains du siècle de Louis XIV. « M. Rollin, dit-il en l'excusant, travaillait pour les études et les étudiants, et par cette raison n'a pas craint les exemples latins. Mon plan est différent. Le français est mon objet et je me propose de servir non seulement ceux qui sont initiés dans les langues savantes, mais les personnes qui, se renfermant dans leur langue maternelle, veulent néanmoins prendre quelques notions dans l'art de bien dire '^ »
Ce plan est toute une révolution pédagogique d'autant plus utile et plus louable que Crévier par son caractère universitaire et son culte pour Rollin semblait devoir être le moins ardent à secouer le joug du latinisme.
La rhétorique dans le Traité des Etudes est naturellement pour Rollin, l'ancien et brillant professeur du collège du