‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 181 sur 319 · Opuscules, t. I, [). '.'00 t'I · texte numérisé non relu

Opuscules, t. I, [). '.'00 t'I

« Il est cependant dans votre livre une accusation secrète, dit Hollin, à laquelle je ne puis dissimuler que j'ai été extrêmement sensible. Vous affectez, en plus d'un endroit, de me rendre suspect et odieux aux professeurs de l'Université, comme si je donnais de leur mérite et de leur manière d'enseigner une idée peu favorable. Rien, si je ne me trompe, n'est plus éloigné de mon caractère et de mon intention; on n'a point trouvé que j'eusse employé dans mon ouvrage un ton de maître ni des airs de hauteur et de supériorité. Le public jugera si vous avez gardé les mômes mesures à mon égard. Mais j'ai eu la consolation de voir que dans une assemblée de la Faculté des Arts, tous mes confrères généralement (pourquoi faut-il que vous soyez le seul que je doive excepter de ce nombre?), tous mes confrères m'ont témoigné leur estime et leur affection par des suffrages non brigués, non préparés, non surpris, comme vous l'insinuez, mais qui étaient l'effusion de leur cœur et une preuve non suspecte de leur amitié, dont je sens tout le prix, et dont je fais tout le cas que je dois '. » Cette réponse, pleine de dignité et de noblesse, sur un point si délicat, était à citer.

Les observations malveillantes de Gibert sur le Traité des Études firent un grand bruit dans le monde universitaire; la lettre de Rollin en réponse à ces observations n'en fit pas moins, et ce fut en faveur du bon Recteur que l'on se déclara. On s'indigna comme lui qu'un confrère, dont il s'était plu à louer les écrits, s'oubliât au point de soutenir que (( sa méthode était impraticable, contraire aux maximes et aux usages des anciens, qu'elle péchait contre le bon goût, le bon sens, la raison, qu'elle tendait à gâter l'esprit des jeunes gens et à les jeter dans de graves erreurs ■. ))

On comprend combien de semblables accusations avaient blessé Rollin. « Vous avez donc voulu absolument, lui dit-il, m'intenter un procès, mais je ne fatiguerai pas le public, saisi de notre cause, par de longs et ennuyeux mémoires; ce serait abuser de sa patience que de vous suivre pas à pas dans tous vos reproches. Je crois la cause suffisamment instruite et je m'en tiens là^. »

Page 1