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CRITIQUE DE GIBEIIT 287
J/obstiiié Gibort ne s'en tint pas à cette fin si raisonnable demandée par Ruiiin. Il renonvela ses récriminations dans un second factum moins volumineux .que le i)remier. mais non moins violent. 11 ne dissimula pas (|ue dans la lutte c'était HoUin qui avait l'avantag-e et que le public le regardait comme incapable de faire les fautes dont il était accusé. « Cependant, dit (iibert, mon opinion n'est pas à dédaigner. Je sais un homme à (pii il est passé par les mains plus de deux cents rhétoriques qu'il a examinées. Cet homme (c'était lui-mémej a reçu des lettres de Hollande, de Lyon, et d'autres villes de France qui le pressent d'en composer une nouvelle. Il a répondu ([uil y en avait déjà assez, sans en augmenter le nombre. Il est donc très éloigné de faire un ouvrage ({u'il croit inutile '. »
Il l'était en effet. Néanmoins, il céda aux instances qui lui \ enaicnt <le Hollande et de Lyon et consentit à comijoscr une rhétorique qui sera, celle-là, insinue-t-il, une bonne et véritable rhétorique, « car il y a bien de la différence, Monsieur, entre un ouvrage comme le vôtre et une rlnUorifiue ».
Elle parut imprimée, ({uolcjuc^ Cibort eût blâmé l'usage de /•li(''tori((ues imi)i'imées, « ne voulant pas, dit-il, gêner dhon néles gens dans une chose de goût où toute liberté doit leur être accordée et ne pas les contraindre à se servir il'un livre qui serait h; même dans tous les collèges ' ».
Kollin ne répondit pas à ces dernières criti(iues toujours amères et le plus souvent mal fondées. Klles l'aflligèrent néanmoins, venant d'un collègue qu'il considérait jusque-là comme un ami. Il ne s'en vengea qu'en faisant, en 173G, dix ans a[U'ès la diatribe de (îibert, l'éloge de sa rliétori(|ue
Ce dernier trait prouve la bonté de son cœur; et puis (iibert était Janséniste, un des plus fermes appuis du Parti : c'était un litre sérieux à l'indulgence de Hollin.