‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 188 sur 319 · POÉSIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

POÉSIE FRANÇAISE

Peu de cas que RoHin fait de la poésie française et peu de place qu'il lui réserve. — Considérations qui la lui font trouver dangereuse.

Il serait naturel que la poésie française obtînt une place d'honneur dans le Trailé des Etudes; elle n'y est pas entièrement oubliée, mais Rollin en parle si peu (en deux pages seulement) que l'on est tenté de l'accuser de manquer de patriotisme, lui qui était cependant si Français de cœur, si sensible à toutes nos gloires. Il devait être fier de notre poésie nationale qui n'a jamais eu plus d'éclat et plus de grandeur qu'à son époque. Nous ne rappellerons pas ici les tristes raisons qu'il invoque pour s'excuser : nous les avons indiquées au commencement de ce chapitre.

Disons à la décharge de KoUin qu'il revient lui-même, après avoir interdit l'étude de la poésie française, à conseiller aux jeunes gens de s'y livrer, mais un peu plus tard. « Il viendra un temps, écrit-il, où ils pourront étudier les poètes français, non seulement sans danger, mais avec beaucoup de fruit, car il ne serait pas raisonnable qu'uniquement occupés de l'étude des auteurs grecs et latins et peu curieux de faire connaissance avec les écrivains de leur pays, ils demeurassent toujours étrangers dans leur propre patrie. »

Malgré cette honorable et tardive rétractation, le bon Recteur n'en est moins coupable : il a glissé trop légèrement sur l'étude d'une des formes les plus brillantes et les plus glorieuses de notre génie littéraire.

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