PHILOSOPHIE
Services rendus par UoUin h la Pliilosopliic enseignée dans les collèges en la débarrassant des subtilités de la Sct>lasti(|uc et de la Métaidiysique, eu en faisant en fraïujais une Science pratique à la portée dt; tous. — Son programme conforme à celui de Fleury et approuvé par les pliilosophes modernes, .MM. Fouillée, .Marion. — Sa morale excellente, sauf certaines attaches au Jansénisme. — Logique basée sur VArf de penser d'Arnauld. — Mélapliysi(iue à peine mentionnée. — Seconde année de philosophie consacrée surtout à l'élude de la nature. — Conseils de Rollin donnés à l'abbé Pluche pour son ouvrage (Spectacles de la Nature). — Uollin promoteur de la physique des enfants et de l'enseignement intuitif. — Nécessité des mystères en religion.
Les cent pages que Rollin consacre à la Philosophie tlonnent une assez piètre idée de son savoir et de ses études en pareille matière, comparées aux chefs-d'œuvre des philosoi)hes éininents de son temps. Il convient lui-même de son ignora lu-c, ne s'étant ap[)li(|iié, dit-il, ({ue très superliciellementà cette science, mais il s ru |)réoccupe peu, son ambition se bornant à ramener la i)hilosopliie à sa véritable signilicali(»ii : Aimer et pralit|iier la sagesse, qui pour lui consisle daii-^ r.ircinnplissfiiifiit des devoirs du elir(''lien.
Au point d(! vue scieiilili(|ue. celte phiiosupliie a peu de |tro foudeiM*; mais au poiul de \ ue pralicpie elle a. surluul au Win" siècle, uue ^ratide iuipoii.inee, e;ir elle eou^titui' >ur la philosophie enseignée dans les eDlle.i^-es un notable progrt's.
l{ap|)(>loiis-nous en elTel (|u";iu leuips de llollin, la Scolasti(jue régnait eufore presque en ni.iilre-'Se dans ll'uiver.-ite. On
l'cnsoig-nait toujours eu laliu, poudaul deux et trois ans; on eu dictait les prée(>ptos dans de volumineux caliicrs; ou (Tgotait suivant les règles, et l'on [)assail, dit Fleury, un temps précieux « à étudier les soixaute-(|ualre sortes de syllogismes qui, loin d'éveiller et de développer l'intelligence, ne faisaient que l'obscurcir ».
Il fallait pour combattre une m(''lliode et un système aussi déplorables, un homme comme Rollin, d'une expérience et d'une autorité incontestées. Il rendit dans son Traitd des Etudes l'immense service de substituer à une scolastique arriérée, difficile à comprendre dans son latin barbare, une philosophie nouvelle débarrassée d'abstractions et mise à la portée de tous en un français clair et d'une lecture facile.
Les bons effets de cette philosophie ne se firent pas attendre ; le Traité des Etudes la vulgarisa sans nuire aux travaux des célèbres philosophes contemporains, Gassendi, Descartes, Arnauld, Pascal, Bossuet, Fénelon, Malebranche, Spinoza, Newton, Leibniz, Bayle, Locke et tant d'autres, dont Rollin adopta les idées quand elles étaient conformes à sa foi et à son caractère.
En simplifiant la philosophie, Rollin était du reste en parfait accord avec les bons esprits de son temps, avec l'abbé Fleury surtout, homme sage, ami du progrès, et que nous retrouvons toutes les fois qu'il s'agit de réformes pratiques. Il méprisait fort la scolastique, et il disait : (( A quoi bon faire étudier tant de gens en philosophie? Ce qu'on y enseigne répond si peu à ce grand nom, que la plupart de ceux qui Fétu dient pourraient s'en passer. Il faudrait la réduire à une bonne logique, car tout le reste n'est pas nécessaire pour acquérir les autres sciences \ »
Rollin et Fleury ne sont pas les seuls qui aient pensé à simplifier la philosophie enseignée dans les collèges. De nos jours, des savants distingués s'élèvent avec raison contre la tendance d'un trop grand nombre de professeurs à faire à leurs élèves un cours au-dessus de leur portée.
C'est ainsi que M. Fouillée, dans un article de la Bévue politique et parlementaire, écrit : (( Dans les programmes actuels de
i. Fleury, p. 85.
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Philosophie, ou (louiic trop de place à la Psychologie (jui est une science de plus eu plus spéciale, à la Logique théorique, plus curieuse (jue vraiment utile, et eufiu à lllistoire de la philos()])hie et aux auteurs philosophi(iues, nouvelle matière à charger la mémoire. Lessentiel, dans l'éducation des jeunes gens, est d'une part, eu fait de philosophie, la nature de l'esprit, et d'autre part, en morale, la sociologie, une conception du monde, de l'homme, de la société. Voilà ce dont on a besoin, plutôt que des théories de l'induction, de la déduction ou de l'exposition de la philosophie stoïcienne, quelque intérêt qu'elles offrent d'ailleurs. Puisqu'il faut se borner, nous serions partisan de rendre plus élémentaire l'enseignement de la psychologie, de la logique, et d'approfondir pour tous les élèves, (|uels qu'ils soient, l'enseignement de la Philosophie générale et de la JMiilosophie sociale ^ »
M. Marion, dans son beau livn' l' lùlarallon de l'L'nicersili', avoue de son côté que beaucoup de professeurs sont i)lus épris de dialecli(|ue et de niétaf)liysi(|ue (|u'il ne serait nécessaire.
Quel doit donc être le luit du |)r()fesseur de philosophie, dit ral)l)('' Fleury raisonnant dans le même sens? « C'est de rendre la |iliil(isopliie accessible à tous, de former un homme (|ui raisonne «Iroil, f|iii soit toujoui's en garde couIit foutes les causes d'eiTcur, et f[ui ne suive dans la conduite de sa vie que la raison et la vertu. - »
(le programme est celui de Itojliii. Morale. logi(|uc, son! les |)oinls fondamenlaux de sa philosopliic.
La morale, pour ((ui connail le pieux neeleur, repos(^ ni'cess.'Mivinenl sur l)ieu. doiil elle es! (i une ('Uianalion t'-tenielle ". Diseefner ci faire le liien, discerner et fuir \c mal. \i'il;i re (pTelle commande inqi(''rieusemeiil. Mlle oln'il en cela, dit hollin, à un juge i|iie louie er('al;ire liuniaiiie poi'lc eu elle, la conscience, (pii ne I roiii|ie jamais (|uanil on l'inlerroge, car elle \ ieni (le hieii. .\\ ee elle, il est inulile de raixinuer. elle s'impose.
Ilollin reiraee en quel(|iies lignes nos devoirs envers Dieu. QiianI à ei'UX euNcrs la soi-ii'h' doni eliaeun de nous fait partie. envers la l'aniille. envers la l'alrie, ils ne sunl pas moins obli-