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298 TUAITK DES ÉTUDES
gatoircs. « Le paganisme, dit lîollin, les a reconnus et observés, ils sont grands, solides, lumineux, mais ils ne vont pas jusqu'oii ils doivent aller; et quelque parfaits qu'ils paraissent, ils laissent l'homme en chemin sans lui montrer le motif rpii doit sanctifier ses actions, ni la fin (|u'il doit se proposer', »
Nous tombons ici en plein jansénisme : pas de sagesse sans la crainte et la connaissance du vrai Dieu, pas d'action méritoire sans la grâce divine.
Pour former le jugement, ce qui est du ressort de la logicjue, second point de sa philosophie, RoUin n'a d'autre guide que l'Art de penser d'Arnauld et Nicole, (( J'en ferai ici grand usage, dit-il, car je ne connais rien qui soit plus propre à inspirer aux jeunes gens de l'estime et du goût pour la philosophie, à les prémunir contre les faux jugements, les faux raisonnements et à leur donner une force, une justesse, une pénétration d'esi^rit qui les conduisent peu à peu à entendre par eux-mêmes et à débrouiller les questions les plus abstraites et les plus embarrassées ^ »
Ces qualités sont en effet celles de Y Art de penser^ oîi tout est exposé avec une rare clarté; aussi ce livre eut-il un grand succès ^, et nous le voyons recommandé dans les projets de statuts de 1720 auxquels Rollin, comme on le sait, eut une part importante.
La métaphysique, complément de la philosophie, est à peine mentionnée par Rollin, non qu"il en méconnaisse la grandeur, il la met même au nombre des connaissances qui élèvent l'âme au-dessus delà matière et nous permettent de nous appliquer aux choses difficiles. et épineuses, mais obéissant à sa nature ■ennemie de toute abstraction, il subordonne l'étude métaphysique de Dieu, de son existence et de ses attributs, à l'étude de la nature, au spectacle et aux merveilles qu'offre l'Univers où Dieu se révèle à toute intelligence humaine.
La physique qui jusqu'alors n'était entrée que très imparfaitement dans le programme de la Philosophie, y prend avec Rollin une plus grande place. Le bon Recteur énumère dans son traité les trois systèmes astronomiques qui ont partagé les