‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 194 sur 319 · Trailr, I. I, p · texte numérisé non relu

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bon sens, de donner en latin les premiers préceptes de cette langue, (ju'il le serait d'en user ainsi pour le grec et pour toutes les langues étrangères K » 11 dit ailleurs fort justement : « L'usage seul peut suffire pour les langues vivantes, mais il n'en est pas de même pour les langues mortes, qu'on ne peut apprendre que par le secours des règles et par la lecture des auteurs (|ui ont écrit dans ces langues * ». k D'ailleurs, continue Rollin, en supposant môme qu'on ne les obligerait à parler qu'après qu'on leur aurait expliqué quelques auteurs, y a-t-il lieu d'espérer qu'alors même, en parlant entre eux, et dans les classes, ils puissent s'exprimer d'une manière pure, exacte et élégante? Combien leur échappera-t-il d'impropriétés, de barbarismes, de solécismes? Est-ce là un bon moyen de leur apprendre la pureté et l'élégance du latin? et ce langage bas et rampant du discours familier ne passera-t il pas nécessairement dans leurs compositions? Si on les oblige à parler toujours latin dans ces premières années, que deviendra la langue du pays ? Est-il juste de l'abandonner ou de la négliger pour en apprendre une étrangère? » C'est qu'au fond et malgré tout on ne pensait pas en latin mais en français, et que pour rendre la pensée en latin on se bornait à traduire grossièrement, et sans aucune règle, chaque mot français par un mot latin ^.

On latinisait tout, même les noms propres; ils n'échappaient pas à ce ridicule usage : Boileau devenait Bolœus; Dubois, Sylvius; Santeuil, Santolius, etc.

Port-Royal, un des premiers, comprit combien il était déplorable d'obliger des enfants à parler une langue qui leur était inconnue, et le latin chez eux n'était en usage que pour les élèves qui en avaient une connaissance suffisante. Cet exemple eut une importance immense, car l'Oratoire s'y conforma et Rollin, en disciple fervent de Port-Royal, ne craignit pas, alors môme qu'il était une des gloires du latinisme, de le rabaisser au profit du français. « Je reconnais, dit-il, (|ue l'obligation de parler latin rétrécit en quelque sorte l'esprit des jeunes gens

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