‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 196 sur 319 · ll,id · texte numérisé non relu

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L'abbé Le Dieu, dans ses mémoires sur la vie de Bossuet publiés par l'abbé Guettée en 18Î36, pages llOet 111, assure que dans sa jeunesse le grand orateur pensait et préparait ses sermons en latin.

Personne n'ignore que Descartes lit un grand sacrifice en écrivant en français son Discours de la méthode (1087), mais pour le vulgariser dans le monde savant, il le fit traduire en latin par l'abbé de (^ourcelles sous ses yeux et sous son contrôle.

(juanl aux autres ouvrages scientifiques de Descartes ils sont tous en latin, qui lui était plus familier que le français '.

Tout en nous félicitant que notre idiome national ait ac(|Mis la gloire et la perfection auxquelles il est arrivé, il est juste de reconnaître que môme dans les temps modernes le latin, comme le dit avec raison M. Goumy, est demeuré le lien commun de la haute culture des nations civilisées. « Il y a entre les Latins et nous, dit-il, une affinité si étroite, une dépendance intellectuelle si forte, qu'on ne saurait songer -à couper le lien qui nous attache à eux *. ))

On y songe cependant, depuis ces derniers temps surtout, et ce n'est pas sans tristesse que nous voyons non seulement s'amoindrir mais presque disparaître ces études grecques et latines qui ont fait de la France la nation, sinon la plus commerçante, la plus riche, la plus puissante en vastes territoires dans les cincj parties du monde, du moins la première sous le rapport des lettres et des arts; la plus raffinée comme intelligence, et la meilleure appréciatrice de tout ce qui est réellement beau et grand. L'érudition y gagnera-t-elle? nous ne le pensons pas. Autrefois, grâce à la connaissance du latin, on se tenait au courant de tous les travaux scientifiques, philosophiques et littéraires élaborés à l'étranger. Aujourd'hui, il faut être polyglotte pour arriver au même résultat, ce qui demande une longue étude.

Comment apprenait-on le latin dans l'ancienne Université et comment l'enseignons-nous aujourd'hui, quel que soit le peu de cas que nous en fassions?

Deux méthodes ont été tour à tour expérimentées et préco-

1. Méditations pinlosophiqiips, Traité des passions de l'dme, Traité de l'homme. (Vapercau, Dictionnaire des littératures, p. 612.)

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