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les consoils do Rollin. Cette lecture et l'explication de ces livres familiarisent les enfants avec le latin; leur mémoire si prompte et si vive retient une grande quantité de mots tous corrects, et ils contractent inconsciemment de bonnes habitudes de langage, sans recourir constamment à la grammaire.
Cet exercice est évidemment salutaire, mais il serait fâcheux de s'en contenter, car il est insuffisant. Rollin en convient luimême et, malgré son antipathie pour le thème, il ajoute : « Il convient que les élèves, quand ils ont déjà une légère teinture du latin, et qu'ils ont été un peu formés à l'explication, soient exercés à la composition des thèmes qui peut leur être fort utile pourvu qu'elle ne soit pas trop fréquente. Elle les oblige à mettre en pratique les règles qu'on leur a souvent expliquées de vive voix, et à en faire eux-mêmes l'application, ce qui les grave bien plus profondément dans leur esprit; elle leur donne occasion d'employer tous les mots et toutes les phrases qu'on leur a fait remarquer dans l'explication des auteurs. Car il serait à souhaiter que les thèmes qu'on leur donne fussent pour l'ordinaire composés sur l'auteur même qu'on leur aurait expliqué, qui leur fournirait des expressions et des locutions déjà connues, dont ils feraient Tapplication selon les règles de leur syntaxe ' . »
D'après ces excellentes remarques et ces conseils, on est en droit de croire que les thèmes d'imitation n'étaient pas en usage dans les collèges et que Rollin est en cela, comme en beaucoup d'autres choses, un initiateur.
Les thèmes d'imitation sont en honneur dans nos classes et les professeurs consciencieux sïnspirent de tous les détails que donne Rollin sur la matière de ces thèmes, qui ne doivent pas se composer de pensées oiseuses, mais utiles, morales, et sur les tours de phrases à imiter.
L'innovation des thèmes d'imitation n'est pas la seule dont Rollin ait eu le mérite; il en est une autre qui n'est pas moins ingénieuse et moins utile : elle a pour objet les thèmes de vive voix. Laissons le bon Recteur expliijuer sa pensée : « Il y aurait, dit-il-, une autre manière de faire composer les enfants qui me