VIII AVANT-I'KUI'OS
li'av.iiix lin <<Mii[)l(''iu<'iil tl<' (l(''l;iils ii;iior(''S jiis(jij'ici, t-l de donner |K)iir l;i iiicinirivî fois un t;il»lr;iii conijdi.'l «le l'état (4 de r«tr,i:;ini'^;iliiiii de I .iinii'iiiii' liiivi-rsilé.
Les ardentes (t|)iiiioiis j-iiiM-nisIcs de Holliii, (|ii(' l'autorité ombrairensc de son l<'iii|is |t(»iirsiiivil en lui, même apr^s sa mori, oui cmiirclit'' «juc s;i vie ikhis soit comjdiitciiK'iil <'oiinii('. Ses liisl<»i-iriis, l)c {{o/.c. (!r«''vi«T, et ses éditeurs noiil pas os»'' |iiiMicr (l'iiaiiis lails interdits par le cardinal de l'Meury. Nous <diiil)l(»ns cette' lacune, ;/r;\ce à l'oblii^eance de M. Gazier, |u-ol'esseur à la SorJjonne, et l'un des savants les plus autorisés en ce qui concerne Port-Royal et le Jansénisme. 11 a bien voulu mettre à noire disposition les jirécieux documents inédits qu'il possède. Qu'il reçoive ici l'expression de notre vive reconnaissance.
L'œuvre pédagog'ique de Rollin n'est pas uniquement le fruit de ses méditations et de son expérience; il a beaucoup emprunté à Port-Royal, à l'Oratoire, à l'abbé Fleury, à Locke, aux Jésuites, et, pour siiinaler ces emprunts, nous donnons un exposé sommaire de chacun des systèmes dont il s'est inspiré.
11 n'est pas dans le Traité des Etudes de parties oii Rollin n'ait développé des réformes et des vues pédagogiques neuves et pratiques; nous en avons fait une étude minutieuse et distincte.
Un de ses grands mérites est d'avoir donné de l'impulsion à l'enseignement de l'histoire et de l'avoir introduit dans les collèges. Il consacra à cette œuvre les dernières années de sa verte vieillesse, et il s'y livra avec d'autant plus d'ardeur que l'histoire lui offrait l'occasion de donner à la Cour, aux ministres, à la noblesse et à l'armée tout autant qu'à la jeunesse, des leçons de morale et des conseils pour réformer les abus dont il était témoin.
AVANT-PItUPOS IX
Au point (lu vue scientifique, ses liistuires Grecque et Romaine ne sont pas sans défauts. RoUin le reconnaît et s'en excuse; néanmoins, malgn'' ces imperfections, elles nous offrent (lans leur ensemble un tableau vrai et attachant de l'antiquité. Elles ont ouvert la voie à des travaux plus approfondis, et sous ce rapport elles sont di;jnes de lappréciation bienveillante qu'en ont faite Frédérii !•■ (ii.ind, Voltaire lui-même, peu suspect de complaisance, (Ibateaubriand et tant d'autres.
Pour ne pas interrompre le couraiil de iii»trf •'■tudc, nous avons rejeté dans un assez lonir appendice la liste des collèges d<^ Paris el <b' pro\itice diri;L:és par des ordres religieux ou par des séculiers dépendani de rTniversitt'', ainsi que celle des académies du royaume. Nous y donncjns plusieurs notices sur la visite des collèges par Rollin, et sur sa correspondance avec Jean-Bajilisic liousseau. Nous y comprenons une Histoire abrégi-e du collège de lieauvais, et plusieurs pièces inédites se rattachant à la vie et à l'administration du bon ilecteur. (ir;\co à tous ces documents, iKuis inili(»ns nos lecleui's à I liistdire iiitluK' d'un d(,'S hommes (pii oui le plus liondi'i' riiiiversifé el ipii nul le plus coiilrilnK' aux pr(t;:rès de I ('ilucalioii.
LfVRP: PREMIER
Hui.l.lN.
SON ENFANCi:. — SES ETUDES
Sa naissance à Paris. — Simi enfance. — Il est destiné, comme son frère, à la profession fie contelier. — Bourse que lui fait obtenir un bénéilicliii au collège des l)ix-IIuil, annexé au collège du l'Iessis-Sorbonne. — Ses succès dans ses classes. — Intérêt ipic lui porte le ministre Le Pelletier. — Ses études en philosophie. — Son peu de guùl pour la dialectique. — Il étudie en thér)logie. — Se cuntente de rester simple clerc.
I.,e .'}() jaiivirr KiOl. iiaissnil à Paris, dans les t-iivinnis de la paroisse Saiiit-Jcnn eu-iirève, (Charles Uolliii, (|iii plus tai-il (levait rirt' la j,^loirc et riioriiieiir de riiiivcrsiti''. Le.s doeiiiiiriils sur la nie où il iiaipiit et sur lo iriimiiis (|iii assistèrent à SDii l)a|diiiic nous iiian(|iieiil. par suite de riiiceudie i|ui di'tiuisit eu |S7I les i-e^^-istres de l'énlise déposés aux arcliives dr riir)t('l lie N'ille. ('r (|ue uous sa\oi,s seulement, et ee t\n"\\ farontr lui inr-iiir. c'rst ipii' sou |irii'. liouin"'lc luailfe eoiiteliiT ('•taldi à Monllit'liaid oii le proteslaulisnie était aioi-s lldi-issanl. vint ;i i'aris |)oiir (''cliapiMT aux ennuis (|ue son ardent entlio lici-^Mie lui siiseitait dau> sou pa\ s ' : singulière desliiu'e *\uc celle du père et de l'eufaul ;i ipii la ferveiu' dt> leurs idee«. reli gieuses rc-servait une exisleuee e^ali'inenl IrouMee!
La iiiodesle famille qui eoniplail deux eufaul<. l'iiiie et (lliarles, se li\a au .Marais; et leur père eut ^oin de les |>our Voir de Ixuiue heure de lelires de mailrise de sa profession, l'ierre. ipn elail l'aini'. aeipiil. comme eoulelier. nue aisanee
I. I.ih.inr. Uislniif ilii dioci-si' cl >lc lit villf </«• l'aiis. p. ."îi".:!.
4 VIK liK I! (II. LIN
liniiiirlc, nous (lil ( iri'N irr. ('Icx c. .'iiiii cl li'-Lr.'ilaii'c iiiii\rr>c| de
r,(iMili; cl |nrs(|lir x.ii ilill-lrc l'irrr i|('\illl l'lil|i-i|i;i| lin collège (If lic.iiiN ;iis, il s'y n-tiia cl le (icl).iir;i>s;i ili-s sidiis iM-iiililcs dr ri''C()tMiiii;il . Il ;icc('|>l;i {'iisiiilc la fliar'Lic de In'-sni-icr <lr^ |taiivrr~ (je la |i,in(i>sc Sailli liliriiiir du Mniil l'I iiiiainil in 17:^0 daii~ rcxci'cict' de ces cliaiilaltlfs l'niiclioiis.
Oiiaiil n (lliailcs. il siiivil jnsfurii l'àfTc de liiiil (ni neuf aii'^ la iiiriiic prolr^simi ijiirsoii jiri'i'. cl loin d'en rougir, ijnaml |)liilard il l'iil aux iKtiiiicurs, il inoiilrail avec cotiiplaisaiicc, iimis discill les IS'inivcllcx rirlrsifisli//iirs ', la lj()tili(|ii(' Jtatci'iicIJc cl sdii hrc\-cl (\i' niailrc cdiilclici'. Il rapf)ell(.' mcrne, avec une siriiplicili- chaiiMaiilc, son premier mclier dans une [)icce de vci's adressi'c à M. Le l'ellclicf. i)aiis iino aiilrc circf)iislaiice, élanl h dinci' avec le V. l'ouloiizal. piclrc de l'Oraloire, on pria le bon père de (li''C()ii|>cr une |)iccc de ,i;iliiei'; l'opéralion marcliait mal, fuule diiii lion cDiilcaii : '< l'reiiez le mien, mon Pèr«', lui dil alors Holliii, il vaut iiiieiix (|iic le \ iMre : je m'y connais, jo suis iils de maîli'c -'. »
Sa mère n^Mail \)i\< iiim' cIum'IJi-iiiic moins ferveiilc (pic son père. Crévior, (jui la coniiul, nous la l'cprcsonle comme une personne de grand bon sens et d'intelligence peu commune. Veuve de bonne heure, elle était, à la mort de son mari, dans une situation difficile. Son petit commerce lui suffisail à [teine. et l'éducation de ses enfants était nalurellement des plus élémentaires. Charles snrloiil. d(\jà avide de savoir, gémissait de ne i)Ouvoir poursuivre ses études; mais un lion Bénédictin dont il servait la messe à l'église des Blancs-Manteaux lui en facilita luMiicusement les moyens. 11 vainquit la résistance de la mère désolée dètre privée de son enfant, et il obtint pour son jeune protégé une bourse au collège des Dix-Huit, un des plus anciens de Paris. C'était, dit Du Boulay, qui nous raconte son histoire, « une grande maison où souloient estre logez, nourris et instruits aux lettres, dix-huit pauvres escholiers, qui pour cela est encore appelée la maison des Dix Huict; el si a laissé le même nom à la ruelle proche qui tend de la rue Neufve à Saint-Christophe. Quand les pauvres jeunes enfants sortaient