‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 207 sur 319 · Tniifr, I. 1, p. 13'J · texte numérisé non relu

Tniifr, I. 1, p. 13'J

•J. Ilnd., p. lii.

de temps ; mais, dans la suite, il sera bon quil vienne en classe, préparé à ce (|u"on doit y expliquer. »

« Qucl(|uc teinture des accents, ajoute Rollin, doit également être enseignée, quoiqu'ils soient d'institution nouvelle, et que les anciens Grecs ne s'en servissent pas; ils sont cependant d'une grande utilité pour l'explication, le seul accent distinguant souvent les différents temps des verbes et la différente signification des mots; la connaissance des accents n'est pas d'un grand travail, et elle est souvent trop négligée, môme par les savants '. ))

Tout ce qui tient au grec était pour le bon Recteur d'une importance extrême. Il en admirait et voulait en faire admirer le tour, le génie, la cadence harmonieuse et surtout la fécondité. II trouvait en cela le grec supérieur au latin, malgré l'avis de Cicéron. « Tandis que le latin, dit-il, manque de mots pour exprimer beaucoup de choses qu'il ne peut faire entendre que par le secours de la métaphore ou de la périphrase, les Grecs les expriment facilement par des mots simples qui rendent la pensée ". »

Chez les Grecs, les idiomes ou dialectes dont ils se servaient n'étaient pas comme les différents jargons qui sont en France une manière de parler grossière et corrompue; chaque dialecte était chez eux un langage parfait dans son genre; de là, cette variété, cette richesse de tours et d'expressions qu'on admire dans la langue grecque.

De ces différents idiomes, l'idiome attique était celui qui était particulièrement en usage à Athènes et qui l'emportait sur les autres. RoUin en appréciait et savait en faire apprécier tout le charme, et la page dans laquelle il définit ce qu'est l'atticisme nous paraît d'une touche si délicate que nous ne pouvons résister au plaisir de la reproduire.

« Qu'est-ce que l'atticisme, dit-il ^? C'est un discours où tout est naturel, et où tout coule de source; où rien n'est affecté, et cependant où tout plaît; où les grandes et les petites choses sont dites avec une grâce égale quoique différente; où règne un certain sel et un assaisonnement secret qui en relève le goût

Page 1