Opuscules, t. I, p
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que je me suis vu obligé de pourvoir par moi-même à ma subsistance'. » Il est vrai que Crévier répondait à sa générosité par une conduite exemplaire, un travail assidu et des progrès tellement remarquables qu'il devint professeur de Rbétorique dans le collège où il avait été brillant élève. Il fut aussi l'ami de son vénéré maître, ami tellement fidèle et dévoué, que Rollin l'institua son légataire universel. Il termina VHistoire Romaine laissée inachevée par le bon Recteur-.
La vigilance que Rollin apportait au bien-être et aux travaux des élèves n'est pas le seul bienfait à signaler pendant son administration; pénétré de cette vérité que les bons maîtres ont les bons élèves, il ne négligea rien pour avoir dans son collège les meilleurs professeurs.
Les sacrifices qu'il s'imposa à ce sujet lui semblaient un devoir doux à remplir dès qu'il s'agissait du bien des élèves. C'est ainsi qu'il s'attacha M. Coffîn, dont on ne saurait mieux faire l'éloge, comme professeur et plus tard comme Principal et comme Recteur, qu'en le comparant à Rollin. Une amitié profonde les unit toute leur vie. Ils avaient mêmes goûts, même piété, mêmes opinions religieuses, même amour de la jeunesse, même dévouement pour tout ce qui peut lui être utile, même aptitude pour la gouverner, même talent pour l'instruire. L'Université n'eut jamais d'hommes plus dignes de respect et qui aient eu plus de vrai mérite. M. Durieux, Principal du collège du Plessis, où Coffin avait fait de brillantes études, le revendiquait pour lui confier une classe, mais Rollin fut assez habile pour l'attirer à Beau vais, et il réussit à le conserver comme professeur de Rhétorique en l'aidant à soulager sa famille par une gratification de mille écus.