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que, dit-il, la Providence qui règ-le les conditions et les devoirs de chacun ne destine pas les femmes à gouverner, à exercer la médecine. Leur partage est renfermé dans l'intérieur de la maison, et se borne à des fonctions non moins utiles, et plus conformes à leur complexion et à la douceur de leur caractère •. »
Si le latin n'est utile qu'aux religieuses, le français est utile à tout le monde, et la lecture, qui plaît tant aux jeunes filles, doit être surveillée avec le plus grand soin par les gouvernantes, car elle a sur la vie de leurs élèves une grande influence. Les livres de piété ne sont pas les seuls qui puissent être mis entre leurs mains; il en est d'autres, fort intéressants et d'une moralité parfaite, qui forment également l'esprit et le cœur. C'est à ceux-là, et aux histoires bien faites, qu'une mère et une maîtresse attentives doivent borner les lectures permises aux jeunes filles.
Loin d'elles les romans que llollin regarde avec raison comme des lectures d'autant plus dangereuses que, grâce à des tableaux séduisants, les auteurs présentent le vice sous les apparences les plus trompeuses et les plus attrayantes, et que, tout en le condamnant dans la conclusion de leur ouvrage, ils nous entraînent en réalité à \o [)rnti(iMer. Celte littérature déplorable était déjà en vogue (hi temps de Roilin. ])e nos jours cUr est presque devenue classique; car elle touche à (ont, à l'his toire qu'elle dénature, à la pliilosophi(\ à la religion, à la politique même; elle i)ropage dans la société les doctrines les jikis funestes, exposées du resl(> avec talent, et les victimes do ces erreurs sont le plus souvent des jeunes tilles et des femmes à l'imagination vive, inca[)al)les de discerner le vrai du faux, et croyanl l'aire un noble usage de leni' lilu'e arbitre en s'iilfranchissaut des règles de la morale et de la religion.
Cette dernière consich'-i-ation est celle qui touche le plus Kollin. car la |iralii|iie de la leligioii lui |iarait le pi-euiier de lou>^ les devoiis. Ouoi(|ue ce seutinieiil anime tout ce ipi'il a eeril et enseigu('', Kollin ne lui a cepemlant pas, comme iM'nelcui, imuisacri' poiii' r(''ilui'alioii i\{'> lilles uu article spécial, il s'en réfère cerlaiueiueul à ce (|u'il a très longuement evpost- sur ce sujet dans son '/'ruilr dfs /-.'hulrs.
\. Tniitr, t. 1, p. ■:;.. .•.lit. |)i,|..t.
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Tout Cil étant janséniste, c'est-à dire très austère, très sévère pour lui-même, il présente la religion aux enfants sous un aspect aimable et n'en exagère pas les devoirs. Fénclon y met de la tendresse et, avec sa parfaite connaissance du cœur de la femme, il fait preuve de plus d'habileté. Pour la femme et à plus forte raison pour la jeune fille, la douceur réussit plus que la rigueur. « Ne l'effarouchez pas, dit il, sur la piété; pas de sévérité inutile, laissez-lui une liberté honnête et une joie innocente, tâchez de lui faire goûter Dieu, ne souffrez pas qu'elle le regarde comme un juge inexorable; faites-lui voir plutôt combien il est doux et a pitié de nos faiblesses. Accoutumez-la à épancher son cœur devant Dieu, à lui parler avec confiance comme on parle librement à une personne qu'on aime et dont on est sûr d'être aimé*. » Page délicieuse et qui nous révèle le cœur si sensible et si aimant de Fénelon.
Pas plus que lui, Rollin ne veut chez la jeune fille ni superstition, ni piété exagérée, ni surtout pression de la part des maîtresses pour déterminer en elle une vocation religieuse. « Qu'une mère prudente, dit-il, ne lui laisse jamais soupçonner qu'on veut lui iiispirer le dessein d'être religieuse -. » Recommandation d'autant plus sage et plus louable qu'au xvn'' siècle, sous le régime du droit d'aînesse et du partage inégal de la fortune paternelle entre les enfants, la coutume était dans les familles nobles de destiner à la vie religieuse les filles qui ne pouvaient être assez richement dotées pour se marier sans mésalliance.
Les sermons étaient très en faveur au temps de Fénelon ; on s'y rendait comme à une sorte de spectacle : c'était pour les grands prédicateurs une occasion de montrer leur éloquence qui était discutée, appréciée beaucoup moins au point de vue de la conversion des pécheurs qu'au point de vue de l'art. C'était un tort contre lequel s'élève Fénelon, et il cherche à ce que la jeune fille ne s'y prête pas. (( Donnez-lui, conseille-t-il aux mères, le goût non des sermons pleins d'ornements vains et affectés, mais des discours édifiants comme des bons prônes et des homélies ^. »
La religion, telle que la recommandent Fénelon et Rollin, ne