‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 220 sur 319 · ROLLIN · texte numérisé non relu

ROLLIN

mains » (c'était le Traité des Etudes, dont le quatrième volume n'avait pas encore paru) *.

L'ouvrier était excellent, quoique n'ayant jamais eu l'intention arrêtée de donner à TUniversité deux histoires aussi longues et aussi difficiles que celles dont il concevait le plan; il était cependant préparé à cette tâche par ses innombrables lectures ; tous les historiens grecs et latins lui étaient familiers ; sa mémoire était surprenante et sa santé encore robuste malgré ses soixante-cinq ans.

Avant de commencer, il prit conseil de l'Université, de ses amis, de ses collègues de l'Académie des Inscriptions et Belleslettres ; il ne trouva partout que des encouragements, et dès lors, plein d'ardeur, il se mit à l'ouvrage et ne cessa de publier chaque année un volume d'histoire. On est émerveillé quand on songe au travail immense qu'exigeait une pareille entreprise et aux difficultés qu'il avait à surmonter pour la mener à bonne fin.

La critique lui a reproché longtemps de n'être qu'un compilateur. Voltaire écrivant à Helvétius, en 1740, le jugeait en ces termes malicieux : « Le janséniste Rollin continue t-il à mettre en d'autres mots ce que tant d'autres ont écrit avant lui? et son parti préconise-t-il toujours comme un grand homme ce prolixe et inutile compilateur ^? » Mais oui, le bon Recteur compilait au grand profit de la jeunesse; il ne s'en cache pas, et il confesse même très humblement que ce qu'il y a de meilleur dans son ouvrage ne vient pas de lui, mais d'écrivains grecs et latins, d'auteurs anciens et modernes qu'il a mis à contribution. Il avoue également qu'il n'a pas été seul à travailler, et pour expUquer la rapidité avec laquelle, au lieu de donner en 1730 un seul volume de son Histoire ancienne, il en publiera deux, il fait au public la confidence qu'il a tiré des secours considérables de plusieurs volumes traitant les matières qui y sont développées.

(( Je trouve encore, ajoute-t-il, d'autres secours qui ne sont pas moins importants et moins précieux. » Ils lui venaient des deux frères d'Asfeld, ses amis intimes, dont nous avons eu occasion de parler plusieurs fois. Tous les deux étaient égale-

Page 1