‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 222 sur 319 · I. Ill^l. Alir., I. V, Av.TtisMMU.Ill · texte numérisé non relu

I. Ill^l. Alir., I. V, Av.TtisMMU.Ill

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besogne failc par d'excellculs ouvriers. C'est la posilion où je me suis mis dès le commencement, et il me semble que le public m'a passé tilro '. »

Le public iit plus que lui passer iilre, car des qu'un volume paraissait, il était accueilli avec un tel empressement qu'une seconde édition devenait immédiatement nécessaire. Ce succès comblait Rollin de joie, non au point de vue des intérêts matériels, — nous savons combien peu il s'en préoccupait, — mais pour l'heureuse influence (jue ses travaux, esjjérait-il, devaient exercer sur la société. Elle en avait grand besoin, car le XVII'' et le xviii'' siècle étaient loin d'être édifiants par leur moralité. Les dehors étaient séduisants, mais, au fond, la cour, la noblesse, l'armée et même le haut clergé étaient entachés de vices et d'abus déplorables.

Les dénoncer, les attaquer sous des noms empruntés aux temps anciens, ramener les princes et les grands à des mœurs plus pures, à une autorité plus humaine, fut, comme nous l'avons déjà dit, le but qu'il poursuivit en composant ses histoires. Il ne s'en cache du reste, nullement, et dans l'avertissement du tome XII de son Hisloire ancienne, il expose sans détours au duc de Chartres, dont il dirigeait l'éducation, quel doit être le rôle de l'historien auprès des grands. « On a raison, Monseigneur, lui dit-il, de donner dans vos études une préférence marquée à l'histoire. C'est là proprement l'étude des princes. Outre qu'elle leur présente d'illustres modèles, elle est en possession de leur dire la vérité et de leur montrer jusqu'à leurs fautes mêmes, sans crainte de blesser la délicatesse de leur amour propre. Comme la censure qu'elle fait de leurs vices ne leur est point personnelle et n'a rien pour eux d'amer et d'offensant, la voix de l'histoire cachée sous l'ombre de son nom donne aux princes des avis que, peut-être, ils ne recevraient jamais d'autre part.

(c Vous aimez la vérité, alors même qu'elle pourrait ne pas vous être agréable. Je n'oublierai jamais la sage réponse que vous me fîtes dans une occasion où j'usais de la liberté que vous m'aviez donnée de vous représenter ce que je croyais pouvoir vous être utile. Bien loin de vous tenir offensé, vous

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