Hist. Ane, t. IV, p. 4û
EXPOSE GExXEllAL DE SES HISTOIRES :î47
un véritable talent d'ampleur qui s'est soutenu jusqu'à la lin, et qui a charmé le public pendant bien des années. Notre enfance a vécu là-dessus et s'y est laissé porter comme sur un courant sûr et facile. Combien de fois n'avons-nous pas relu le deuxième volume de YHhloire ancienne oix Y ixniQwv s'est comj)lu à nous peindre dans Cyrus le plus accompli des héros et des conquérants M ))
A défaut de recherches savantes, les histoires du bon Recteur nous donnent en etïet dans leur ensemble le tableau lidéle et vrai des mœurs antiques; nous revivons en les lisant au milieu de ces nations dont les coutumes offrent à notre curiosité un vaste champ d'observations et de réflexions. Nous établissons des comparaisons entre elles et notre époque et ces comparaisons ne sont pas souvent à notre avantage.
Voltaire, dont nous avons cité un passage très sévère pour Rollin dans sa lettre à Hclvétius, modifie son jugement dans son Uhloire du Siècle de Louis XIV. « Son Uisloire ancienne, dit il ^ est encore la meilleure compilation qu'on ait faite dans aucune langue, parce que les compilateurs sont rarement élo- <juents et que Rollin l'était. »
Il l'était en efTet, et son éio(pieiiee sini[)le et persuasive a charmé les lecteurs de tout âge et de toute condition.
De nombreuses traductions de ses cxnivres ont été faites en langues étrangères. Le prince polonais Jablonowski les traduisait dans sa langue nationale à mesure ({ue les \(iliiines parais saient, et les publiait à Liiblin.
f^e duc deCumberland disail : (( .le ne sais eonimenl M. Kullin fait; pai'tout ailleurs les réllexions des auteurs m'ennuient, elles nie eliarnient dans son histoire et je n'iMi perds pas un mol''. »
(;iial( aiiliiiaiid à son loni' ('rrix ail dans son pocti(|ue langage :
(( Rollin est le Ki'neloii de l'Iiisloii'e et comme lui il a endielli rKgypte et la (irèee. Les |)reniieis \(ilnnies de la (în'-ee respil'cnt le gi'nie de ranli(|iiil(''. La narration du \t'rtueu\ Kcelenr est ])lelne, simple, tran(|nille et le (diristianisme allendrissaut <le sa pliiine lin a doniu'' quelqiH' chose (|tii remue les entrailles. Ses (''crits (l('erleiil riioinnir de liiiii doiil le ciriu' est une tète