‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 228 sur 319 · Siuiik'-nciivo, Causeries du lundi, lixir.iits, p. J · texte numérisé non relu

Siuiik'-nciivo, Causeries du lundi, lixir.iits, p. J

2. Vollairo, Siècle de Louis Xl\\ p. l't'iK). ;i. .Morcri, Itio'jnip/tir universelle.

348 ROLLIN. ŒUVIiKS II ISTOI'.KJUES

continuelle, selon l'expression mei'veilleuse de l'Ecriture sainte. Nous ne connaissons point d'ouvra^œ qui repose plus doucement l'àme. RoUin a répandu sur les crimes des hommes le calme d'une conscience sans reproche et l'onctueuse charité d'un apôtre de Jésus-Christ. Ne verrons-nous jamais renaître ces temps oii l'éducation de la jeunesse et l'espérance de la jiostérité étaient confiées à de pareilles mains '? »

C'est dans le même sens que Colhert, évêque de Montpellier, écrivait à Rollin en 1733 : (( Je n'ai trouvé à reprendre dans vos ouvrages que ce que vous avez eu l'humilité de confesser vous-même. Les vertus des païens y sont trop louées, mais tout le reste m'a paru d'une beauté qui m'enlève ; vous travaillez pour le cœur encore plus que pour l'esprit. Quelle joie pour la France, si l'éducation de ses princes vous était confiée -! » Colbert était janséniste, et Rollin lui paraissait doublement admirable, comme éducateur éminent et comme membre du Parti.

En lisant VHistoire ancienne et l'Histoire romaine de Rollin, on est porté à se demander quelle forme de gouvernement avait sa préférence. Par son origine plébéienne et les aspirations libérales répandues dans ses ouvrages, on sent qu'il incline vers la République. N'est-elle pas, théoriquement, le régime qui laisse au citoyen sa liberté et ne l'asservit pas à un maître souvent indigne décommander? Son enthousiasme pour les vertus républicaines révèle en lui un ennemi du gouvernement corrompu qui pesait au xvhf siècle sur la France. Il s'indigne des droits exorbitants de la noblesse et des persécutions injustes dont il est lui-même victime. Il est bien républicain par le cœur, mais son éducation, sa religion surtout, lui font un devoir de se résigner à vivre en sujet fidèle du roi très chrétien, quel que soit son mérite ou son indignité ; à lui obéir, parce que sa personne est sacrée et que son autorité vient de Dieu ^

(( La royauté, dit Rollin, est le premier de tous les gouvernements; il ne serait pas possible d'établir l'ordre et la paix, si les hommes voulaient être tous indépendants et s'ils ne se soumettaient pas à une autorité qui leur otàt une partie de leur liberté pour leur conserver le reste. Ils seraient toujours en

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