Hist. Ane, t. II, p
guerre, car le peuple, comme le dit Platon, est un animal inconstanl, ingrat, cruel, jaloux, incapable de se laisser conduire par la raison. Et cela n'est pas étonnant, puisque c'est comme un assemblage informe de tout ce qu'il y a de plus mauvais '. »
(( C'est donc avec raison, tlil il ailleurs, que la divine Providence, qui fait tout avec poids et mesure, a communiqué aux rois, aux princes et à ceux qui sont à la tête de quelque Etat que ce soit, une partie de son pouvoir, et pour rendre leur autorité plus respectable et en même temps plus utile aux inférieurs. Elle a voulu qu'elle fût accompagnée d'un éclat et d'une pom]ie qui frappât les yeux. Les liommes ne sont pas assez spirituels pour recoiniaitre et pour lionorer dans des bommes comme eux l'autorité de Dieu, s'ils la voyaient en un état (pii n'eût rien de grand et tréclalant -. ))
Cette profession de foi nettement monarchique n'empêche pas le bon Recteur de revendiquer les droits d'un autre état (( où la distinction des rangs ne vient, dit-il, ni de la naissance ni des richesses, ni di' l'.iiitoiité, ni de l'élévation des places, mais uniquement du mérite et du savoir. Dans cet état, le roturier se trouve de niveau avec le noble, le sujet avec le prince, et souvent les dépasse ■' n.
Eu rendant attachante la lectin'e des grands événements. Rollin a eu l'inestimable mérite de faire aimer l'histoire et de l'introduire dans l'enseignement; ([uant aux longueurs qu'on lui reproche, il les reconnaît et en donne les raisons, a En entreprenant cet ouvrage (V Histoire ancienne) pour les jeunes gens, mon but est de ne rien iK'gliger (1(> ce (|ui me paraît propre à leur former l'esprit et le co'ur. Or, (|uand les faits sont l'cmar (piables, il n'est pas inniile tle les raconier entièivment et de reproduire les jugements des auteurs les plus sens{''s et les plus sages, afin de leiu' apprendre à faire de semblables n'-llexions. Il l'.nil (|ii'(in nir |i;ii'(lniine, cai' j';i\ (Uie (|ue je ne |)ni-- perdre de vue la jeunesse, et ipie tout ce <pii peut ci.tnti-jbner à son instruction me touche sensiblement '. »
\. llist. Anv., I. IV, p. ::i.