‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 23 sur 319 · Ibid., l. IV, p. HIG · texte numérisé non relu

Ibid., l. IV, p. HIG

40 VIE DE ROLLIX

une poino extrêmo d'avoir suivi collc! fontumo, qu'il savait avoir (Hé une occasion do dércglemciit pour (piclques écoliers ^

RoUin n'eut jamais à se reprocher j^areil méfait, car, à quarante ans de distance, le collège de Beauvais se conformait aux habitudes austères des Petites Ecoles de Port-Royal. Le môme esprit, les mêmes principes d'éducation y régnaient; mais tous les progrès introduits et réalisés dans les Petites Écoles n'étaient malheureusement pas mis en pratiquée Beauvais. La routine, si difficile à déraciner, y avait encore des attaches. On parlait encore en latin dans la classe de IMiilosophie : les actes, les exercices publics dont Rollin était si lier, avaient encore lieu en latin pendant les premiers temps de son administration. Toutefois, peu à peu, le français devint plus familier, et finit par être parlé dans toutes les classes.

« Quelques personnes, dit Rollin, croient qu'on devrait faire parler latin dans les exercices publics. J'ai été moi-même dans celte pensée pendant quelque temps, et dans cette pratique; mais l'expérience m'a fait connaître qu'elle était moins utile aux jeunes gens; » et il ajoute : « Croit-on qu'il soit facile et même possible à un jeune homme de s'expliquer élégamment en latin? Quelle gêne, quelle contrainte pour un écolier! Enfin, nous est-il permis de négliger absolument le soin de notre langue dont nous devons faire usage tous les jours, et de donner toute notre application à des langues mortes et étrangères ? Le sentiment du public sur ce point n'a pas été douteux-. »

On ne peut plaider en meilleurs termes la cause de la langue française. Elle s'établit définitivement au collège de Beauvais ; d'autres collèges adoptèrent à son exemple le français comme langue usuelle; bien plus — et ce fait parait admirable à Rollin — dans un collège qu'il ne nomme pas, a deux frères (les fils de M. Fleury, Procureur général, qui étaient, l'un élève de Troisième et l'autre de Cinquième, ont lu des remarques sur les auteurs français et en ont fait l'application à plusieurs endroits tirés de V Histoire de Théodose, par Fléchier ; ils ont fait observer, comme cela se pratique en expliquant un auteur latin, ce

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