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Le bon Recteur continue : « Serait-ce entendre comme il faut l'iiistoire admirable de Jonas, si l'on se bornait à ce que la lettre nous offre, et si l'on n"y voyait pas Jésus-Cbrist sortant plein de vie du tombeau le troisième jour, et la prompte et miraculeuse conversion des (jlentils, qui a été le fruit de la mort et de la résurrection du Sauveur '? »
Toutes ces figures dont le sens ne peut être douteux pour ceux qui savent lever le voile dont elles sont couvertes, doivent être expliquées aux jeunes gens, dit Rollin, avec plus ou moins d'étendue, selon qu'ils seront plus ou moins avancés. 11 en est de si évidentes, ajoute-t il, si sensibles par elles-mêmes qu'il n'est pas possible de s'y méprendre. Telle est l'histoire de Joseph qui est la propre figure de Jésus-Christ, et à ce sujet il énumère longuement les traits de ressemblance de la vie de Notre-Sei gneur avec celle de Joseph. « Est-il possible, dit-il, que le pur hasard les ait ramassés pour en faire un portrait parfait? Il est visible que Dieu, en réunissant dans la seule vie de Joseph tant de circonstances singulières, a voulu y peindre les principaux traits de la vie de son fils. Que peut opposer l'incrédulité la plus opiniâtre à des prophéties si expresses et si évidentes?"^ »
Toute objection paraît impossible à Rollin; il voit dans l'Écriture sainte bien plus que dans l'histoire profane des règles et des modèles pour toutes sortes d'états et de conditions : rois, juges, riches, pauvres, pères, mères, enfants, etc., tous y trouvent, dit-il, des instructions excellentes sur leurs devoirs. « Alors, s'écrie le bon Recteur, est-il un objet plus grand, plus intéressant, plus digne de l'attention des hommes qu'une pareille histoire où Dieu a daigné tracer de sa propre main le plan de notre destinée éternelle ^? »
Personne certainement ne conteste l'intérêt et l'utilité de l'histoire sainte; elle aurait dû être la première étudiée dans les collèges, et elle n'y était connue que très imparfaitement, par la tradition ; c'est que l'Ancien et le Nouveau Testament, par leur longueur et certaines scènes scabreuses (Dalila, Judith, Ruth et Rooz, etc.), ne convenaient guère à la jeunesse. Un résumé exempt de tous détails dangereux était à faire, mais il