‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 240 sur 319 · Hist. Auc, t. VI, p. i:.:î · texte numérisé non relu

Hist. Auc, t. VI, p. i:.:î

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qu'il ('laiL plus qu'un liomuie, oL qu'à l'exemple des héros qu'Homère représente comme fils de quelque divinité, lui aussi étnit un dieu, car un dieu seul était à ses yeux capable de faire tout ce qu'il avait fait '. Répudiant Philippe pour père, il se prétendit fils de Jupiter Ammon dont un temple s'élevait a douze lieues de Memphis, au milieu des déserts sablonneux de la Libye ^ En vain essaya-ton de le détourner d'un projet aussi extravng-ant, il le mit à exécution, et non content de vouloir passer pour fils d'un dieu, il voulut être Dieu lui-même, montrant ainsi à quelles folies l'orgueil peut entraîner des esprits habituellement raisonnables •'. « S'il n'était pas Dieu, dit Uollin, il était du moins, comme Cyrus, son ministre et son instrument pour accomplir ses desseins. Il avait reçu la même mission pour renverser rEmi)ire des Perses et de l'Orient que Cyrus i)Our abattre celui de Babylone \ »

« Ainsi s'explique, ajoute le bon Recteur, l'existence de ces hommes qui ont rempli le monde du bruit de leurs exploits. S'ils ont été grands par leurs conquêtes dont le mérite et la gloire reviennent à Dieu qui les a suscités, ils participent à la nature humaine par leurs faiblesses, leurs défauts, et souvent même par leurs crimes. ))

Quoi qu'il en soit, la mémoire d'Alexandre est impérissable. Il avait de grands desseins que sa mort a interrompus. La rapidité de ses conquêtes ne l'empêchait pas d'établir dans les pays conquis une sage administration, et Rollin fait ressortir avec soin la sûreté de ses vues politiques, en fondant et en faisant élever comme par magie des villes importantes, Alexandrie, Nicée, qui assuraient entre les nations de son immense empire des relations commerciales, moyen le j^lus puissant de civilisation et de prospérité.

Tout en déplorant les massacres, les pillages et les injustices qui accompagnent toujours les luttes de peuples civilisés contre d'autres peuples qui ne le sont pas et refusent de l'être, il faut reconnaître qu'il s'opère entre vainqueurs et vaincus une fusion bienfaisante. C'est ainsi que la Grèce transforma les Romains,

i. Ilist. Ane, t. VI, p. 377.

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