‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 241 sur 319 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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HISTUIKE ANCIENNE MOa

et que les Romains à leur tour introduisirent leur civilisation chez les barbares qu'ils soumirent à leur domination

La mort d'Alexandre le Grand arrêta les heureux effets que ses conquêtes auraient eues pour les vaincus, si, ses successeurs avaient eu comme lui le génie de les soumettre à une même direction éclairée; mais de tous les généraux qui l'avaient secondé dans ses conquêtes, aucun n'était capable de maintenir l'unité d'un aussi vaste empire. « Ils conspirèrent, dit Rollin, à le mettre en pièces, et l'on vit ces capitaines immoler à leur ambition la famille d'Alexandre, son frère, sa mère, ses femmes, ses enfants, ses sœurs, et ne pas épargner ceux à qui ils devaient ou à qui ils avaient donné la vie. »

Trois grandes nationalités finirent cependant par se constituer : la Syrie, la Macédoine et l'Egypte. Kollin consacre avec une sorte de répugnance quatre volumes à l'histoire interminable et souvent criminelle de ces royaumes.

« Je ne puis dissimuler, dit il ', combien un écrivain est à plaindre de n'avoir à monlier la nature humaine c[ue par les endroits qui la déshonorent. Ce ne sont plus les beaux siècles de la Grèce si féconds en grands hommes et en grands exemples. Si l'on en trouve encore quelques restes, ce sont comme des éclairs qui passent rapidement et qui ne se font remarcpier que par la profonde nuit ({ui les précède et (jui les suit.

« Jen(;pr()mets pas,continue-t-il-, de mettre danscettehistoire biulc la clarb' (|ue jc désirerais; comme le royaume d'Kgyjite est celui où il \ eut le moins de changement, parce (|ut' Pto léméc et sa {)()st(''rité s'y maintinrent dans le souverain pouvoir, ce sera celui (pii servira de base à notre elironologie et ■fiui fixera nos dilîiTcutes époques. >»

Parmi ces l'Iolt'iiu'CS , Itollin n'cuiblie [la^ de cilcr JMo- J(''in(''e IMiiladcIplic, (|ui fonda la riciie bii)liotlirque d'.Mrxandrie -etcpii lit Iradiiiii' de riiébi-eu en grec. |)ar soixante douze Anciens tirés des dou/c Irilius d'israc'l. les livres saints (pic les Juifs avaient conserv(''s avec le plus grand soin.

Les autres Ptolénii'es ne se signalèreni (pie par ile> crinu'îs -auxquels prireiil pari ihi l'csle les reines et les mères de ces

1. Ilist. Ane. t. VII. Av,iiit-l'iMiu)s, p. ii. 1'. Ihid., I. Vil, Avànt-l'iopus, |). \i.

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princes qui portaient le plus souvent le nom de Cléopâtre; la dernière surtout fut célèbre par sa beauté, sa dépravation et l'inlluencc néfaste qu'elle exerça sur Antoine. La défaite de ce triumvir à Actium, que Rollin raconte avec de longs détails et qui mit fin à la dynastie des Ptolémées en Egypte, est due en grande partie à Cléopâtre, dont la fin tragique couronna la vie criminelle.

De même que les Ptolémées en Egypte, les descendants de Séleucus se perpétuèrent en Syrie jusqu'à la réduction de ce royaume en province romaine, et Rollin Insiste naturellement sur les persécutions d'Antiochus Épiphane contre les Juifs.

Rien n"est plus confus dans l'histoire des successeurs d'Alexandre le Grand que celle des États formant le troisième lot échu à Lysimaque et comprenant l'Asie Mineure, la Thrace et la Macédoine. Séleucus, roi de Syrie, lui en disputa la possession à la bataille de Gyropédion en Phrygie. Lysimaque y fut tué (281 av. J.-G.) avec tous ses enfants, et dès lors ses États agrandirent ceux de Séleucus dont l'empire fut aussi vaste, l'Egypte exceptée, que celui d'Alexandre.

Pendant que ce conflit agitait l'^A-sie, Athènes tâchait de reconquérir sa liberté. Au nombre de ceux qui la défendirent le plus courageusement et le plus habilement est Phocion, que Polysperchon, maître d'Athènes, fit condamner à mort, et qui, semblable à Socrate, but sans récrimination la ciguë et mourut avec le même calme que son illustre modèle.

Un autre héros, qui pour RoUin est le type du grand citoyen, est Philopœmen, chef de la ligue Achéenne. « Il fut appelé le dernier des Grecs, dit-il, comme Brutus le dernier des Romains, sans doute pour marquer que la Grèce, après Philopœmen, n'avait produit aucun grand homme qui fût digne d'elle K n Son éducation l'avait préparé au rôle important qu'il joua dans sa patrie, et Rolhn, saisissant l'occasion de donner des conseils à la jeune noblesse française qui en avait grand besoin, lui propose la vie de ce héros comme le meilleur exemple à suivre. « Je ne puis trop exhorter, dit-il, nos jeunes officiers à étudier avec attention un si parfait modèle en tout ce qui est imitable pour eux.

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