Hist. Ane, t. VIII, p
« Nos jeunes seigneurs, ajoute t-il, sont pleins décourage, de sentiments d'honneur, damour de la patrie, ils ont du feu, de la vivacité, de rcs[)rit, et ne manquent pas de talents et de qualités qui peuvent conduire à tout ce qu'il y a de plus j^Tand '. » Voilà pour les éloges; ils étaient nécessaires pour faire passer la critique qui les accompagne et qui n'est pas exempte dans sa sincérité d'observations dures à entendre. (( Silsont des qiialités, continue le bon Recteur, ils manquent quelquefois — la réticence est ironique — d'une éducation mâle et vigoureuse, seule capable de former les grands hommes ; » et pour expliquer et excuser en quelque sorte cette mauvaise éducation, il ajoute : « Nos mœurs, malheureusement tournées par un goût presque général vers la mollesse, les délices, le luxe, les plaisirs, l'admiration des choses vaines et l'amour du faux éclat, énervent le courage dès les plus tendres années. Si notre jeune noblesse était élevée comme le fut Philopœmen (je parle de ce qui est compatible avec nos mœurs), si elle comprenait que la vraie grandeur ne consiste point à l'emporter sur les autres par le faste et la dépense, mais à s'en distinguer par un solide mérite, quels officiers, quels commandements, quels héros la France ne fournirait-elle pas! Un seul homme jeta cette ardeur et cette émulalioii parmi les Achéens. Uuil serait à souhaiter (et pourquoi ne l'espérerions-nous pas?) que quelqu'un de nos princes, grand en tout, en courage comme en naissance, fît revivre dans nos armées cet ancien goût de simi)li('ité, de frugalité, de générosité, et tounu'it le goût (le la iialiou vers le beau, le solide cl rhoiiuclr! Nulle conquête n'approcherait de cette gloire -. »
Cette citation est longue; ou nous la panloiiiicra eu considération de l'aclualilé qu'elle avait en I7."{.") et de la crili(iue juste et sévère des mœurs de la noblesse et même du prince (juc Uollin avait en vue à cette ép(K|ue. Il est ici (lui'stion du siège de Philippsbourg en 173G, où se distingua le maréchal d'Asfeld.
Les bons rois et les bons princes sont laics dans l'histoire ancienne, il en est cependant (|uel(|ues-uns, tels (|u'Agcsilas, Évagoras, Nicoclès, dunt luillin fait l'élogo. moins à cause de