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leur sage administration qu'à cause de leur simplicité et surtout de Unir mépris pour les flatteurs, « cette peste descours », comme il les ai)pelle.
A partir de la mort d'Alexandre le Grand, l'histoire ancienne appartient presciuo entièrement à l'histoire romaine et se confond avec elle. La Grèce exerce toujours sa prépondérance sur les nations qui font partie de l'héritage d'Alexandre le Grand ; les Romains les absorbent peu à peu, mais l'élément grec, son caractère, sa langue, se répandent de tous côtés, et les colonies grecques s'établissent en si grand nombre dans l'Italie méridionale que le pays prend le nom de Grande Grèce : là se trouvent Cumes, Naples, Crotone, Sybaris, Tarente, Locres et vingt autres cités qui, même de nos jours, ont conservé des traces de l'idiome hellénique.
La plus importante de toutes ces colonies fondées par les Grecs est la Sicile. Syracuse, sa capitale, fut un des grands foyers de la civilisation grecque. On se rappelle les poètes célèbres, Pindare, Simonide, Eschyle, que le roi Hiéron attira à sa cour. Quand la Sicile devint province romaine, elle importa chez ses vainqueurs la langue qu'elle parlait dans toute sa pureté.
La Gaule elle-même ressentit les bienfaits de la civilisation grecque. Les Phocéens qui s'établirent à Marseille étaient des Grecs. Euxène, l'un d'eux, que la fille d'un chef gaulois choisit comme époux, jeta les fondements de la ville qui atteignit bientôt un haut degré de puissance. Tout en étant les descendants des Romains qui nous ont légué leur langue et leur civilisation, nous sommes donc aussi en partie les descendants des Grecs, dont l'influence s'est répandue dans toutes les parties du monde civilisé. Si nous valons quelque chose, c'est grâce à eux. Par notre nature, notre caractère, nos goûts, notre enthousiasme facile pour le beau et les nobles idées, nous sommes les Grecs du monde moderne.
Tcmérilé de Rollin en entreprenant dans sa vieillesse VHisloire romaine : il cède à de nombreuses instances. — Son but est de montrer dans celte histoire raccomplissement des desseins de la Providence préparant ravênement du Christ. — Sympathie de Rollin pour les Romains. — Ses sentiments démocratiques. — Loin d'être un mal, les luttes entre le peuple cl le sénat, les guerres étrangères, surtout en Grèce, sont aux yeux de Rollin les causes de la grandeur el des progrès de la République. — Sentiments religieux des Romains, leur conduite adroite à l'égard des vaincus. — Entliousiasme de Rollin pour la proclamation de la liberté en Grèce. — Était-il Justifi»-? — Indignation de Rollin jiour les vices cl l'ingratitude de la Répulilique. — Causes multiples de sa décadence. — L'Histoire ro)naine continuée par Crévier.
Ilijlliii venait (1(^ Icrmiiior son Histoire aucicnnc, il avait soixantcdix-Iiiiil ans, et llioiiro paraissait eiifiii venue pour lui (le so reposer et de f,''oùler les fruits d'une vie si bien remplie; mais son œuvre restait inaelievt'e; l'histoire rt)maine ile\,iit en être le eomplémenl, il le sentait, et les hommes le.s plus hriul [)laet''s le [iressèiriil de faire ce dernii'r elTnrt pour le liien (le la jeunesse.
« Après avoir voya/^('' en Asie, eu Afritjue et dans nue pai'tie de l'Europe, lui éerivail le cliaucelier dW^MU^sseau. il faul ipie vous reveniez dans votre patrie, je veux dire dan>^ la Hi'pul)li(pie romaine, donl vous ne sauriez nous refuser l'histoire à moins d'être in;^n'at envers eell»" qui nous a mis en état d'éerire l'histoire ih; tant d'autres; on bien si ce dessein vous parait tro|t vaste, donne/nous an moins une introdiielion eomplèle
UOLLIN. "- ^
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de riiis(oii-(3 romaine '. )) llolliii fil i»lus, cnr il n'hésita pas à écrire non une introdnctioii, mais une iiistoire qu'il projeta de développer autant (|ue l'histoire ancienne.
(( C'est téméraire à moi, écrivait-il en 1737 à J.-B. Rousseau, de m'engag-er à mon âge à travailler à l'histoire romaine, mais le puhlic m'y a forcé en quelque sorte par la manicTC favorahle dont il a reçu ma première histoire ^ » Ajoutons que ce travail lui plaisait et (jue l'histoire romaine était pour lui l'histoire préférée. 11 en connaissait si hien tous les détails, il admirait si sincèrement l'organisation, les lois, les vertus des Romains, tout pa'ïens qu'ils étaient, qu'il céda sans peine aux instances qui lui étaient faites.
En moins de deux ans il écrivit et publia trois volumes. On est émerveillé d'une production si rapide, à son âge; sa santé avait beau être vigoureuse, un tel labeur était de nature à l'ébranler; c'est ce qui arriva : malgré la résistance qu'il opposa à la maladie, elle le dompta, et il fut forcé d'interrompre son œuvre à l'époque la plus saisissante de l'histoire. Marius et Sylla, dans une terrible lutte, assouvissaient leur vengeance sur tous ceux qui étaient opposés à leur parti ; César et Pompée surgissaient et donnaient le spectacle d'une rivalité meurtrière; Catilina ourdissait la conspiration qui mettait Rome à deux doigts de sa perte ; Cicéron remplissait le forum et le sénat de son éloquence et sauvait la République au moment le plus critique de son histoire.
Rollin aurait certainement mis en relief les acteurs et les événements de cette époque dramatique entre toutes, quand la mort l'empêcha d'achever son œuvre. Crévier la continua avec sa conscience habituelle qu'augmentait encore son affection pour Rollin. et avec une connaissance complète des faits qui eurent lieu jusqu'à la bataille d'Actium, terme que s'était fixé son vénéré maître pour l'histoire romaine. 11 y ajouta comme complément l'histoire des Empereurs.
L'exactitude des événements y est irréprochable, mais l'intérêt du récit laisse beaucoup à désirer; le style en est lourd, diffus et l'on v cherche en vain l'aisance, le charme et la clarté