‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 246 sur 319 · Traite, l. IV, p · texte numérisé non relu

Traite, l. IV, p

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conforme ù ses idées religieuses rendait Rollin favorable aux Romains.

Il admirait aussi leur discipline juste et sévère, qu'il comparait à celle de l'armée française, bien loin alors d'être exemplaire. Cléments et modérés dans leurs victoires, ils savaient, dit le bon Recteur, se concilier l'affection des vaincus; ils s'en faisaient des alliés qu'ils protégeaient et à qui ils accordaient les mêmes privilèges qu'aux citoyens romains.

La preuve la plus éclatante de leur habileté politique est la proclamation de la liberté que Flamininus, au nom du peuple romain, accorda à la Grèce vaincue, en 196 avant Jésus-Christ. (( Y eut il jamais, s'écrie Rollin transporté d'enthousiasme, une journée plus glorieuse que celle-là? Que sont tous les triomphes du monde comparés à ces cris de joie, à ces applaudissements qui partaient du cœur? Qu'on entasse tous les trophées, toutes les victoires, toutes les conquêtes d'Alexandre; que deviennent ils, rapprochés de cette unique action de bonté, d'humanité, de justice*? » Il continue sur le même ton de lyrisme, et le cher homme ne se doutait guère que la générosité, la justice, n'entraient pour rien dans cet acte qu'il déclarait sublime, et que les intérêts de Rome en étaient la cause déterminante. Il revint toutefois, dans un autre volume, sur ces éloges exagérés, et il convint que Rome ne se montra si bienfaisante (( que pour mettre un contrepoids à la puissance macédonienne, et pour enlever à Philippe le secours qu'il se flattait d'obtenir de la Grèce )), ce qui l'aurait rendu peut-être invincible. Mais ce doux protectorat ne dura pas longtemps, et Rome y prit bientôt un ton de maître \

Elle s"y était du reste habituée depuis sa longue et meurtrière lutte contre Carthage où elle finit par rester victorieuse. Cette rivalité célèbre sur laquelle Rollin s'étend dans son Histoire ancienne presque autant que dans son Histoire romaine, fut l'époque sinon la plus glorieuse (car elle se termina par la destruction injuste, inhumaine de Carthage), du moins la plus utile à la République. Elle y acquit l'expérience de la guerre sur mer et la constance après la défaite.

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