‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 25 sur 319 · DISCIPLINE AT COLLEGE DE BEAUVAIS · texte numérisé non relu

DISCIPLINE AT COLLEGE DE BEAUVAIS

l)is(i|iliiii' douce et ferme. — Travail allrayaiit. — Esprit chrétien qui aiiiinc tout l'enseignement. — Pas d'aireclalion de Jansénisme. — Piété fervente et foi vive de lloilin. — Ses pratiques religieuses. — Ses ins- Iruclions chrétiennes données dans la chapelle du collège.

Si les bons livres sont utiles, ils ne suffisent pas pour assurer dans un collège l'ordre, l'amour du travail et l'émulalion ; il faut encore que le chef se fasse aimer et craindre, qu'il gouverne non par la contrainte et les punitions, mais par la douceur. C'est ce que Rollin mit en prati<|ue et qu'il rappelle dans son Trailr des Étufies'-. En agissant ainsi, il réussit à rcmli'c les élèves de Beauvais non seulement laborieux, mais (Micorc |ii)lis. Il allacliail à la polilcsst» il'autanl i)lus d'iinportance (juc les mauvaises manières ilominaient le plus sctuveut dans les collèges. (( J'étais parvenu, dit-il, à rendre les écoliers

I. Traili' i/cs liludcs, t. IV, j). (11)8. ■2. Ihi</.. 1). 4bo.

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fort honnêtes à l'égard des personnes du dehors qui entraient dans la cour pendant la récréation, et exacts jusqu'au scrupule à se rendre à chaque exercice au premier son de clociie. Mais ce n'était pas par menaces ni par les châtiments : je les louais en public et les remerciais de l'honnêteté qu'ils témoignaient aux étrangers dont chacun me faisait compliment, et de la promptitude avec laquelle ils ([uittaient leurs jeux, parce

qu'ils savaient que cela me faisait plaisir Ces manières

honnêtes, continue-t il, me réussissaient beaucoup mieux que toutes les réprimandes, toutes les menaces » ; et il ajoute : « Je prie le lecteur de vouloir bien me pardonner si quelquefois je prends la liberté de citer en exemple ce que j'ai fait pendant que j'étais chargé de la conduite de la jeunesse. Ce n'est point par vanité (pie je le fais, mais pour mieux faire sentir l'utilité des avis que je donne*. » Ces excellents avis révèlent une fois de plus l'intelligente tendresse de Rollin pour ses élèves, et ils signalent en même temps une réforme importante dans le régime intérieur des collèges. A la discipline cruelle, aux châtiments corporels, il substitua une discipline plus douce et plus humaine. Nous l'imitons de nos jours dans nos lycées et nos collèges : elle est même devenue obligatoire, sous le nom de discipline libérale; c'est un progrès, mais à condition que l'indulgence ne soit pas excessive, et que les maîtres aient comme Rollin, dans leur voix, dans leur tenue, dans leur conduite, dans leur langage, une dignité qui impose aux élèves, sans violence, et pour ainsi dire inconsciemment, le respect et l'obéissance rendus faciles par l'affection.

Ce sujet était d'une grande importance pour Rollin; il y consacra tout un chapitre de son Traité des Études. Au lieu de frapper, de se faire craindre par le fouet, il faisait appel à la raison des enfants, à leurs bons sentiments et surtout à la religion, qui est, dit-il, le but de toutes les études-. Il était le premier à donner l'exemple de ce qu'il recommandait. « Quand il priait, dit Mensenguy, tout priait en lui. On voyait un homme pénétré d'un saint respect pour la majesté de Dieu, humilié sous sa main, et plein du sentiment de sa pauvreté.

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