‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 252 sur 319 · Util!., p. ;i";i · texte numérisé non relu

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d'église. (( Cet art, dit-il, n'a de véritable usage que pour la religion, à laquelle senlo il appartient de causer à l'âme des sentiments vifs qui la transportent et l'enlèvent; qui nourrissent sa reconnaissance et son amour; qui répondent à son admiration et à son ravissement comme David le fait dans tous ses divins cantiques, qu'il emploie uniquement à adorer, à louer, à chanter la grandeur de Dieu et à publier ses merveilles '. ))

(( Ces derniers mots nous donnent à entendre que la musique chez les Anciens ne se bornait pas, comme chez nous, à la composition et à l'exécution vocale ou instrumentale de chants de différents genres, mais qu'elle comprenait encore la Poétique, l'art de la Saltation ou du geste qui enseigne les pas et l'attitude soit de la danse proprement dite, soit de la marche et des gestes à observer dans la déclamation pour régler par des notes le son de la voix ainsi que la mesure et les mouvements du geste-. ))

Cet art faisait chez les Grecs partie essentielle de l'éducation. Les Romains s'y adonnèrent également et dépensèrent pour leurs théâtres et pour leurs acteurs des sommes considérables. Roscius le comédien défendu par Cicéron avait 75000 livres de rente, à ce que rapporte Pline. Esopus, l'acteur tragique, laissa à son fils une succession de 2 oOO 000 livres ^. »

Ces détails montrent en quel honneur était la musique dans l'antiquité. Elle le fut également au xvn'^ et au xvni^ siècle qui comptent de très grands musiciens, LuUi, Rameau, Piccini, Gluck. Leurs œuvres les plus connues sont des opéras et des ballets, ayant comme accompagnement nécessaire la danse. Louis XIV y excellait; c'était, au dire de tous, le plus habile et le plus gracieux danseur de son temps. La noblesse, à son exemple, se passionna pour cet art que le Grand Roi favorisa en fondant comme pour la musique une Académie royale de danse (1661).

Toutes ces faveurs ne touchèrent guère Rollin, qui reconnaissait bien à la danse une certaine utilité comme exercice propre à régler la démarche, à donner un air aisé et naturel, à se présenter avec grâce; mais il la blâmait hautement dès l'instant

i. Hist. Ane, i. XI-I, p. 208.

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