Ibid., p
fiu'oii on faisait un art où la décence, et par suite la morale, étaient souvent blessées.
A la musique, à la danse se rattache naturellement le théâtre, qui en tire pour l'opéra et les ballets un de ses plus grands attraits. RoUin ne se contente pas d'en blâmer le goût, qui de son temps dominait à la cour et avait pénétré dans les collèges, surtout chez ceux des Jésuites; il s'emporte contre les tragédies, comédies et jjallets, causes funestes, dit-il, de démoralisation pour tout bon chrétien et principalement pour la jeunesse.
Supprimer toute représentation théâtrale dans les collèges était i)our lui une réforme iii(lis[)ensablc à faire dans l'éducation. 11 ne manqua pas de l'ordonner dès qu'il fut arrivéau Rectorat en 1695, et le mandement qu'il publia à ce sujet menace des peines académiques toute infraction à cet ordre '.
En agissant ainsi, le jeune Recteur (il n'avait que trentequatre ans) avait la double satisfaction de remplir un devoir dans l'intérêt de la jeunesse et d'affranchir les maîtres tle l'obligation où ils étaient de composer, bon gré mal gré, une pièce de théâtre pour la distribution des prix.
Mais en dépit du mandement de RoUin certains collèges continuèrent à représenter des tragédies et des comédies. En 17:27, on lisait sur la porte du collège Mazarin : « Le lundi onzième jour d'août, à une heure très précise après midi, sera représentée par les élèves, sur le théâtre du collège, la tragédie de Jaddus, grand-prêtre des Juifs, ou Alexandre le Grand devant Jérusalem -. »
Plus lard on ne s'en tint pas aux sujets pieux (|ui seuls jusque-là avaient été admis, et X'oltaire obtint en I7."{.") île M. Asselin, proviseur du collège d'IIarcourt, la permission de faire jouer sin- son théâtre sa tragédie de la Morl de César '.
Quant aux Ji'suites, ils ne cessènMit de fairi> de leur thi-àtre du collège Louis-le-Cirand un attrait pour leur clicntèlt» et un moyen de se concilier la faveur de la noblesst>. ils y consa craient beaucoui) df temps et lieauroup de peiiK's. \.v V. l'orée
1. Voii'i los l(;rint;s en qncslioii : Oita- si (/iii.\- i-iularr nudeal, litiiic jurnis acndcmicis mulclari jubet pnvcluni iivtiuiu Faciillas. [Opuscules, t. Il, p. 3 If..)
•2. lUhliollieqtie Mazarine, Nouveau fonds, 3'.M6.