‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 257 sur 319 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

LTiiiversiti' doit beaucoup à Rollin, car, sans lui, sans l'inllucnce qu'il a exercée i)ar ses ('crils et son enseignement, elle n'aurait [)as dans le sirclc de Louis XIV la place honorable ([u'elle a droit d y occui)er.

Le mérite de; la ri'géiK'raliou <|ui s'est produite ne revient pas entièrement à lloliin, mais à l'ort lioyal, à l'Oratoire, à l'abbé Fhniry cl à Locke, dont il avait étudié et expérimenté les niiHliodcs; s'il n'a pas ('li' le promoteur, l'initiateur de toutes les réformes et des innovations (pii mil transforme l'ancienne ruiversit('' et par suite la soeii'lt'. ii en a été le vulg'arisateur le plus autorisé el celui donl on a suivi les princii)ales directions.

Le Trailé des Eludes, ipii renferme le cercle des connaissances relatives à l'éducation et à l'instruction de la jeunesse, est le monument pédaf^ogifiuc le plus important du wui' sièele.

(Jiioiipril soil, uiainlenaiil hieii ili'rnodi' aux yeux de eerlains crirKpies. il n'a pa-~, à noire a\i--. |ierdu de -a \aleui'ei. nous ajoutons de son inlliience. .\eei'--ilile à Ions par la >iniplieile et l'exposition facile des m(''lli(ides, il ne s'adrt>ssc pas seidemcnl à la noblesse ou aux gens de (pialilT', comme nous le voyons dans les aiilres ou\ra,t;'('s d'(''dncalion di' -on epoipie. mais à toutes les classes de la soci(''t(''. l'reMpie (oui ee ipie nous pra li(pions aujourd'hui en fail d'euselunemenl se Irouv»^ en i^'crmc et bien >oii\ ciil iliAcloppi' dan-- ce \ ieii\ livre.

Vax ce (|ui coneei'iH' la vie malerielle el l'hyiiit-nc de la ji>unesse, c(> (pi'il recommande, d'aprè- l"leiir\ el Loek(>. est Ion joiu's applicalile.

Son iiillnence dan:- la direclioii de-> élude- e-l eneore plu-

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sensible. Presque toul ('-laiLù réformer dans rauciciinc Université : on n'y parlait qu'un latin barbare; Koliin, cl ccst le plus grand service qu'il ait rendu à renseignement, contribua puissamment à ce que le français finît par devenir la langue officielle et usuelle.

Ce qui distingue son œuvre pédagogique c'est (pie, ennemi de tout appareil scientifique, il rejette les subtilités seolastiques de la philosophie latine enseignée dans les collèges, les règles multi[)lcs et arides delà technique oratoire, les rigueurs de l'ancienne discipline, et qu'il s'attache à rendre le travail attrayant, sans toutefois supprimer les efforts nécessaires dans une juste mesure pour vaincre des difficultés mises à la portée des jeunes intelligences.

Une pareille méthode, essentiellement pratique et utilitaire, a ouvert la voie à un enseignement plus complet et plus en rapport avec les besoins et les progrès du temps.

Nous y trouvons l'application des préceptes de Fleury dans son livre Du choit- et de la méthode des études : c'est de là qu'est né notre Enseigyiement î?;o(/er»e développé depuis, approprié aux différentes classes de la société et complété, grâce à Rollin par l'introduction de l'histoire dans les classes.

De toutes les innovations qui lui sont dues, celle de l'enseignement de l'histoire lui tenait le plus au cœur. C'est que, sous le couvert des institutions et des personnages célèbres par leurs vices ou leurs vertus, le bon Recteur pouvait critiquer les abus de son temps et donner à la cour, à la noblesse, à l'armée et même au clergé des leçons de morale et des conseils utiles. — L'histoire était encore pour lui un excellent moyen d'exciter et d'entretenir des sentiments de patriotisme et de dévouement à la grandeur de la France. S'il ne composa pas une histoire nationale, c'est qu'il en était empêché par l'autorité ombrageuse de son temps ; mais il saisit, dans son Histoire ancienne et son Histoire romaine, toutes les occasions de citer les hauts faits de nos ancêtres et les institutions dont nous pouvons nous glorifier-

Il est regrettable que sa piété, si vive, si conforme à sa nature, l'ait entraîné à des démonstrations religieuses excessives; mais on ne peut l'accuser d'avoir dans ses livres fait profession de doctrines jansénistes : « Je ne dogmatise pas )), écrivit-il au

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