‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 27 sur 319 · Ibid., ]). 4T · texte numérisé non relu

Ibid., ]). 4T

HOLLIN.

pratique étant Principal, cl il Va toujours continuée depuis jusqu'à la mort '. »

« Il observait les jeûnes de l'Eglise avec une entière régularité, et, dans les commencements, il poussait même jusqu'à l'austérité le jeûne du Carême. Etant Principal du collège de Beauvais, il ne mangeait à l'heure de midi que du riz au lait, qui faisait son repas pour toute la journée. Celte austérilé, jointe à son travail qu'il continuait toujours avec la même ardeur, lui causa une maladie, dont il fut bientôt rétabli. Il profita de cette leçon, car il était sage en tout; et, depuis ce temps, il crut devoir prendre sur le soir une croûte de pain avec deux verres d'eau.

« Il bénissait toujours par le signe de la croix ce qu'il mangeait et buvait ; de même, en maladie, il faisait mêler de l'eau bénite aux potions qui lui étaient présentées par le médecin ^ »

La religion, les devoirs du chrétien étaient ce qui le préoccupait le plus. Sa foi native, héréditaire, inébranlable, n'était pas, comme il le disait lui-même, un fruit de la raison, mais un don gratuit de la miséricorde divine ^

Chez de tels hommes, l'attitude intellectuelle n'est pas celle de la recherche de la vérité, mais celle de la défense d'une possession; ils admettent sans discussion les solutions favorables à leurs croyances; ils placent en dehors du raisonnement tout ce qui s'y rattache. Rollin n'avait certainement pas lu et commenté YAugustinus : il en aurait parlé dans ses ouvrages; mais il tenait comme vrai, incontestablement vrai, tout ce qu'affirmaient le grand Arnauld, pour lequel il avait une profonde vénération, Saint-Cyran, Pascal, Duguet, d'Asfeld, ses intimes amis et les directeurs de sa conscience. Comment des hommes d'une si vaste science, d'une intégrité si parfaite, d'unejpiété si rare pouvaient-ils avancer les erreurs dont on les accusait?

La lecture des œuvres de Duguet, qu'il envoya à J.-B. Rousseau, en 1734, pour l'encourager, l'enchantait, l'enlevait. C'était, lui disait-il \ un trésor inestimable. Sa peine était de

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