‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 271 sur 319 · O/iKsr., I. I, p. ;i:u · texte numérisé non relu

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(it les services qu'il rend à ["iiumanib'' |i;ir ses immorteb oiivraf/es '. Ces éloges auruient gagné à être exprim(''S i)lus délicatement et dans un style plus poétique.

Rollin ne l'en remercia pas moins très chaleureusement, qnni- ([u'il dût faire violence à sa sincérité. « 11 n'est pas possible, lui écrit-il, de donner à mon ouvrage de plus grandes louanges que celles dont votre admirable épître est remplie; vous relevez et faites valoir avec des expressions aussi élégantes qu'énergiques, le rare iionheur qu'a eu mon Histoire ancienne d'être reçue avec un applaudissement presque général ^. "

Quelle flatterie à l'endroit d'une épître qu'il n'admirait bien certainement pas, mais dont il acceptait cependant les éloges dès qu'ils s'adressaient à ses ouvrages!

Sous ce rapport, Rollin est coutumier du fait; nous le trouvons souvent très sensible aux louanges, et quelle que soit sa modestie naturelle, il les provoque parfois ouvertement, témoin ce passage de sa lettre à Rousseau : « J'ai fait mettre au carrosse de Bruxelles, écrit-il, un paquet à votre adresse ; vous y trouverez cinq exemplaires de mon neuvième volume de VHistoire ancienne. Je vous prie de leur donner une bonne escorte, c'est-à-dire une forte recommandation qui les fasse bien recevoir. Dites, en écrivant à M. le duc et à Mme la duchesse, que vous trouvez le livre fort beau, mais dites-le d'un ton qui leur impose, et qui ne leur laisse pas lieu d'en douter. Ils sont accoutumés à vous croire, et jusqu'ici vous m'avez assez bien servi. Souvenez-vous que vous êtes chargé de faire ma cour aux deux personnes illustres dont il s'agit, et de la faire de bonne sorte. Je ne vous en dis pas davantage.^ »

De son côté, Rollin l'appuyait fort auprès du duc : il y avait donc réciprocité de bons procédés; l'intimité devenait de plus en plus grande, et Rollin en proilta pour lui dire en toute liberté, à propos de cette même admirable épître, des vérités dures à supporter, mais propres à lui inspirer plus de résignation, de modestie et surtout une plus juste appréciation de sa situation.

« Quelques endroits de votre épître, lui dit-il, m'ont fait de la peine; permettez-moi de vous en parler; mais, avant tout, je vous supplie, en me jetant à vos pieds (quelle modestie et quelle adresse!), de me supporter et de supporter ma folie en faveur du motif qui m'y fait tomber. Je trouve. Monsieur, en premier lieu, que vous retombez trop souvent et trop fortement contre ceux qui vous ont critiqué mal à propos. J'avais déjà fait cette réflexion sur plusieurs de vos pièces. Quand on a repoussé ces sortes d'ennemis une ou deux fois, ils ne méritent plus d'être réfutés que par le silence. D'ailleurs, de telles disputes intéressent peu les lecteurs qui sont

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