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mais qui part du tendre et sincère attachement avec lequel vous savez que je suis, etc. '. "
Malicieuse adresse pour faire de dures observations tout en demandant pardon de la liberté irrande. Il a dit tout ce qu'il voulait et ce n'est pas à la louange de Rousseau. Ce dernier, piqué au vif, cherche naturellement à se disculper. RoUin a l'air d'y croire. « Je vous supplie, lui écrit-il, de jeter ma lettre au feu et d'oublier tout ce qu'elle contient de téméraire et d'injuste -. » Réconforté par ces bonnes paroles et plein de conliance dans les promesses d'une seconde lettre (1736), où Rollin lui dit : « Tout le monde se flatte ici qu'on travaille à votre retour, on le souhaite avec ardeur 3, » le malheureux poète y crut, vint incognito à Paris pour obtenir sa réhabilitation; presque tous les jours, rapporte de Boze *, il voyait Rollin qui dut assurément s'employer en sa faveur, mais tous les efforts furent inutiles, et Rousseau retourna à Bruxelles oii il finit ses jours. L'honnêteté de sa vie dans ses dernières années répondit aux vœux de Rollin, car les poésies qu'il composa à cette époque sont toutes empreintes de sentiments pieux. « M. Racine, lui écrit Rollin en 1738, nous lut, il y a plusieurs semaines, chez M. Cotiîn, votre admirable épître sur la religion. J'en fus enlevé et j'en fus enthousiasmé. On peut avec une pièce de poésie comme celle-là paraître avec quelque confiance devant un tx'ibunal où le jugement qu'on porte des ouvrages de l'esprit est bien différent de celui des hommes'. » Dans une autre lettre, la dernière qui nous a été conservée de cette correspondance, il s'écrie en recevant une autre épître : « 0 le beau et l'admirable présent. Monsieur et cher ami! ce morceau de poésie est complet *'. ■>
Les éloges et les consolations ne manquèrent pas à Rousseau : il en avait besoin, l'exil lui était dur, plus dure encore l'opinion publique à son égard et surtout celle de Rollin; il ne voulut pas le quitter sans lui lire son testament. « Il y désavoue dans les termes les plus forts, dit de Boze, ces monstrueux couplets qui furent l'origine de sa disgrâce, et il continue de les attribuer à celui qu'il avait d'abord accusé de les avoir faits. M. Rollin l'arrêta en cet endroit et lui fit retrancher cet article, lui représentant que le témoignage de sa conscience suffisait pour le disculper, et que, ne pouvant avoir aucune preuve pour en charger autrui, il se rendrait coupable d'un jugement téméraire au moins et peut-être d'une calomnie affreuse '. »
L'arrêt définitif de la critique n'a pas encore été rendu au sujet de cette affaire. Le caractère peu honorable de J.-B. Rousseau a