ANCIENS COLLÈGE? DE L'UNIVERSITE DE PARI
Quoique notre étude ait spécialement pour objet Hullin, sa vie et ses œuvres, il nous a paru utile et intéressant de remonter aux premiers collèges fondés à Paris '. A l'aide des documents que nous avons pour l'aris et pour la province, on aura une idée exacte des progrès accomplis dans renseignement, surtout au MV" siècle, qui est le grand siècle de l'Université.
A partir du xii^ siècle une ardeur incroyablf puur iélude se manifesta non seulement en France, mais encore dans les États voisins. [,1'S croisades avaient puissamment contribué à ce grand mouvement littéraire et nous voyons à cette époque de nombreux collèges se fonder à Paris. On en compte cinquante-huit, du .\ii« au xviii" siècle.
1180. Le plus ancien est le Collège des Dix-Huiï sur remplacement actuel du dôme de l'église de la Sorbonnc. plus tartl transféré .lu lieu et placf du Collège tlii l'iessis. \ son origine, ce collège était plutôt un asile qu'un véritable collège; mais au xii" siècle, ce mot, conformément à son étymologie, sigiiitiait une réunion plus ou moins nombreuse de pauvres étudiants de province quf des seigneurs, des évoques, des magistrats envoyaient à Paris dans les maisons qu'ils y avaient a(i|uist,'S, pour suivre, rue d'Arras, rue du (■.l()S-I5iuneau et surtout rue du Kouarre, des cours de tlié(dogie, de srolaslique et b-s mettre en étal d'entrer dans le clergé ou ilans les monastères si nomi)rfnx au moyen Age. Les quel(|ues sous t|ui leur étaient donnés par semaine s'a[»pelaient Bourse, et ils devaient suflirt' à leur entretien.
Le collège des Dioc-Ilitit était un de ces asiles; il nous intéresse particulièrement en raison de son importance dans la vie de llollin, (pii lut son plus illustre boursier. Il ne l'habita pas. les b;\timi'nls de ce collège ayant été démolis (le|uiis longtemps pour faiic place à l;i Surlpiiiiiie el à rr-glise actuelle, mais les bourses (jui y étaient
1. Nous (loiiiiiM'uiis, ;i la suite dos coll^^os ilo Pans, l'iMiiiinr>r.itioii ili- coux qui ont été fondL^s cii province par les oriln-s rcli(^ioiix ol parles séoiiliors.
fondées avaient été conservées et elles étaient desservies par le collège du Plessis-Sorbonne, où RoUin entra et où il fit de brillantes études '. « Elles étaient même, dit Crévier, les plus avantageuses de Paris; la nomination à ces bourses appartenait au doyen du cliapitre de Notre-Dame -. »
Revenons à l'bistoire de ce premier collège que nous raconte Dubreuil dans ses Fastes et antiquités de Paris, p. 71.
« Devant la porte de THôtel-Dieu, proche le parvis Notre-Dame, il y a une grande maison où souloient être logés, nourris, entretenus et instruits aux lettres dix huict escholliers qui pour cela est encore appelée la maison des dix-huict et si a laissé le même nom à la rue proche qui tend à la grande rue Neufve Saint-Christophe. Iceux pauvres enfants quand ils sortoient de l'escholle avoient coutume d'aller jetter de l'eau bénite et dire quelque briève prière sur les corps des trépassés qui se présentoient à la porte de l'Hôtel-Dieu, ce que une fois voyant Joce de Londres, chanoine de Paris, récentement venu de Jérusalem, meu de compassion étant allé à THôtel- Dieu, y vit une chambre qu'il acheta cinq livres du Procureur de cet hôpital de l'avis et par permission de Barbedor, Doyen de Notre- Dazne. Il la laissa à l'Hôtel-Dieu à la charge d'y fournir des lits à ces pauvres escholliei's auxquels il assigna douze écus par mois.
« Depuis, les dits escholliers ont été translatés au-dessus de la rue de Sorbonne, devant -le collège de Cluny d'un côté et de l'autre devant le collège de Calvi, en bordure de la rue des Poirés, plus tard nommée rue des Grès. »
1209. Collège des Bons-Enfants-Saint-Honoré, Petit Collège, situé rue des Bons-Enfants, à laquelle il a donné Sun nom. Il a également donné son nom à la rue voisine Saint-Honoré. Il fut fondé par Etienne Belot. Saint Louis légua dix livres aux pauvres écoliers Saint-Honoré. (Crévier, t. I, p- 489.)
1209. Collège des Mathurins, Petit Collège, rue des Mathurins, fondé par Jean de Martha, docteur de Paris, et Félix de Valois, ermite; il est resté le lieu des assemblées de l'Université. (Crévier, t. I, p. 488.)
1230. Collège des Cordeliers, rue de l'École-de-Médecine. Il subsistait encore au commencement du xvii® siècle. (Jourdain, Histoire de l'Université, p. 387.)
1244. Collège des Bei'nardins, rue de Pontoise. Il subsistait encore au commencement du XYii" siècle. Il fut fondé par Etienne Lexington, Anglais, abbé de Citeaux, sur un terrain dépendant du clos du Chardonet. L'église des Bernardins, construite en 1338 d'après les ordres de Benoît XIII, pape, tîls d'un boulanger de Toulouse, ancien religieux de Cîteaux qui, de la chaire du collège des