‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 294 sur 319 · I. Le prince Eugène · texte numérisé non relu

I. Le prince Eugène

timents d'honneur, de bravoure, d'inlrt-pidité soient gravés bien profondément dans le cœur de nos Français pour s'être réveillés ainsi tout d'un coup dans une première campagne, après avoir paru comme endormis pendant vingt années de paix.

Le témoignage que Louis XV a cru devoir leur rendre est trop glorieux à la nation, et j'ose le dire au roi même, pour que je craigne qu'on me sache mauvais gré de l'avoir inséré ici tout entier. Si cette digression est condamnable dans un historien comme tel, il me semble qu'elle est excusable et même louable dans un bon Français, pénétré de zèle pour son prince et pour sa patrie '.

Lcltrc du Roi à M. le Maréchal d'Asfcld.

Mon cousin,

Je reconnais toute l'importance du service que vous venez de me rendre par la conquête de Philisbourg. Il ne fallait pas moins que votre courage et votre fermeté pour surmonter les contretemps que es débordements du Rhin ont apportés à cette entreprise. Vous avez eu la satisfaction de voir que votre exem|)le a inspiré les mêmes sentiments aux officiers et aux soldats. Je me suis fait rendre compte jour par jour de tout ce qui s'est passé, et j'ai toujours remarqué qu'à nn^surc que les difficultés augmentaient, soit par la crue des eaux ou par la })résence des ennemis et par le feu de la ])lace, l'ardeur et la patience de mes troupes redoublaient tlans la môme proportion. Il n'est point de succès sur let|uel on ne doive compter avec une nation aussi bravr.

Je vous charge de témoigner aux ofliciers généraux et autres, et même en général à l'armée, combien je suis content de tous. Vous ne devez pas douter (|ue je ne sois dans les mêmes sentiments à votre égard, la présente n'étant pas pour unt^ autre lin.

Sur ce, je prie Dieu (pi'i! vnus ail. mon cousin, en sa sainte et digne garde.

Lotis.

A Veisailles. le :i:i juillet [i:\\-.

Page 1