PKEMIKHS PAS DE ROLLIN DANS LE JANSENISME
Calme de la première moitié de la vie de RoUin pendant la paix de l'Église (16tyj-170oj. — Agitation de la seconde moitié, par suite de sa participation au Jansénisme. — Livre du P. Quesnel cause de la guerre religieuse. — Publication de la bulle Unir/eniliis (1713). — Contestation par les Jansénistes de cinq propositions jugées hérétiques. — Obligation de signer le Formulaire. — Arnauld s'emploie à le faire signer. — Réserve de la question de fait. — Doctrine austère du Jansénisme pris dans sa bonne acception. — Adhésion de Rollin à cette doctrine, conforme à son caractère. — Son élection à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1702).
Nous arrivons à la pi-riodc la plus agitée de la vie tle Rollin. Sa jeunesse, ses éUules, ses années de professorat, de reelorat s'étaient écoulées pendant la [)aix de IKglise (l()(»î)-17().")' : |»aix boiteuse, (lue le moindre incident pnuvail Iransfornieren uiicrre ouverte.
i.c livre du V. Qiit'sncl ' inlitidi- Iti'flexions morales sur Ir
I. Quisuel-l'a>qui(T. né à Paris en li>:ii, mort à .Vmsterdani eu 1711», entra à l'Oratoire et fut directeur de la congrégation à l'.iris. Ses opinions jansénistes l'obligèrent à se retirer à Orléans (Itisi) et puis à Uruxelles (KiSG), où il re^ut les derniers soupirs du graml Arnauld. A|>rès sa mort, il devint chef du parti. Incarcère d'abord a l(ru\olles, jinis à .Malines, il ne recouvra sa liberté (pi'en 17(i;t et alla mourir a Amsterdam en 1719.
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Nouveau Teslamenl fut le bi'aiidon (jui alluma la guerre. La première édition, parue en l(i71 en un volume et approuvée par Mgr Vialard, évêque de Ghàlons-sur-Marne, eut un grand succès; la deuxième, considérablement augmentée (4 vol.), reçut, comme la première, l'approbation de l'évêfjue de Chàlons, Mgr de Noailles, qui avait succédé à Mgr Vialard. Mais des contradicteurs surgirent, et dénoncèrent cette seconde édition comme pleine d'hérésies et comme reproduisant les cinq propositions condamnées à Rome et jugées funestes à l'Eglise, à l'Etat et renouvelant les erreurs de VAuijusllnns. La fameuse bulle Lfnigenilus, (\m bouleversa le monde catholique, fut publiée en 1713 à celte occasion. Le P. Quesnel, cause de tout ce trouble, fut persécuté, et les rigueurs déployées contre lui atteignirent ses partisans et ses amis. Un des plus chauds et des plus fidèles était Rollin, que ses études sous Hersan, la pureté de sa vie et ses relations avec Port-Royal prédisposaient à être Janséniste; et par cette appellation, nous n'entendons pas un controversiste retors, comme il y en avait parmi les adversaires du parti, avide de subtilités théologiques, ardent à les soutenir; Rollin était loin de leur ressembler. Il ne dogmatisait pas, comme il le dit au cardinal de Fleury'. Son Jansénisme se bornait à admirer, à imiter dans la pureté de leur vie, dans leur affection pour la jeunesse, dans leur piété, les hommes illustres que l'on persécutait pour une doctrine et des erreurs qu'ils étaient les premiers à condamner, et dont ils repoussaient toute responsabilité, a II ne vous suffit pas, dit Pascal-, que les Jansénistes condamnent les cinq propositions, et encore tout ce qu'il y aurait dans Jansénius qui pourrait y être conforme et contraire à saint Augustin ; car ils font tous cela. De sorte qu'il n'est pas question de savoir, par exemple, si Jésus-Christ n'est mort que pour les prédestinés — ils condamnent cela tout aussi bien que vous, — mais si Jansénius est de ce sentiment-là ou non. Et c'est sur quoi je vous déclare plus que jamais que votre dispute me touche peu, comme elle touche peu l'Église. Car, encore que je ne sois pas docteur non plus que vous, mon Père, je vois bien néanmoins qu'il n'y