Pascal, Lettres provinciales, lettre XVIII, p
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va pas de la foi, puisqu'il u'est question que de savoir quel est le sens de Jansénius. S'ils croyaient que sa doctrine fût conforme au sens propre et littéral de ces propositions, ils la condamneraient; ils ne refusent de le faire que parce qu'ils sont persuadés qu'elle en est bien différente : ainsi, quand ils l'entendraient mal, ils ne seraient pas hérétiques, puisqu'ils ne l'entendent que dans un sens catholique. ))
Cette défense nous paraît victorieuse. Les cinq propositions condamnées à Rome le sont également par Arnauld, par tous ses adhérents et par tout le monde catholique. Rien en effet n'est plus monstrueux que de dire à un malheureux dont la vie est pure, qui s'efforce de faire le bien et de fuir le mal : ^'os actes non seulement ne sont pas méritoires pour le salut éternel, mais ils sont encore entachés de vice parce que la grâce qui est nécessaire pour les rendre méritoires peut vous manquer; parce que vous n'avez aucune certitude qu'elle vous est accordée, Jésus-Christ n'étant mort que pour les prédestinés. — On accuse Jansénius, répondra-ton, d'avoir professé cette doctrine dans ïAuguslinus : y est-elle? Si elle s'y trouve, Jansénius la réprouve, car, en mourant, il déclara qu'il était dans des sentiments d'obéissance parfaite avec le Saint-Siège et qu'il se soumettait humljlement à lui'.
Arnauld mourut dans les mêmes sentiments; il répuilia, comme tous les Jansénistes, les cinq propositions et usa de son iiifUience pour faire signer le Formulaire*. Il le signa un des premiers, en réservant toutefois la (juestion de fait, c'est-à-dire en se refusant à déclarer que les cinq propositions se trouvaient dans VAngiislinns. Si l'on met de C(Mé ces propositions condamnées mais toujours contestées, que reste-t il du Janséuisme? Une doctrine austère, poussée à l'extrême si l'on veut, mais d'une moralité inalta(|iiable.
Elle convenait adiniralilcnieiil an (rniiu'i'anicnt cl à la pieté de llollin. Aussi fui il nn di-vone Janséniste dans la Imiine acception (hi mot. Ses délnits dans celte pieuse compagnie datent de ses étiules au collège du IMessis, où il eut pour pro-
1 l'i)li//ji//li'iit, liwui'tt iS'.i.'l : l-]|ii(!f. lie. criliiiiic liisloriciin-. p. li'i'.i.
•2. Le {''oriiuilairc t-lail un ado par li'i|ut'l on exi^'oail (jiu' ie-^ Jansénistes tiéclarassonl qu'ils aiilKTaifuI à la cunilaniiialion des imih| i>ri)|iosilions proiiiincéf jiar inudicnl X cl Ali'xan<lri' Vil.
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fesscur de Rhétorif|iic llersnii, dont il fut l'élève favori, à qui il succéda, et qu'il accompagna eu 1093 à Port-iloyal des Champs. Nul doute qu'il n'eût été heureux de vivre dans ce milieu si conforme à ses goûts, mais l'Université le réclamait comme un de ses membres les i)lus illustres et les plus utiles. Nous avons vu qu'elle le nomma Uecteur en 1G94, puis Principal du collège de Beauvais, oili il rétablit la discipline, fortifia les études et s'entoura d'un personnel aussi dévoué que lui-même à l'instruction et au bien de la jeunesse. Ce fut en 1702, au moment où le collège de Beauvais était le plus prospère, un an après son élection à l'x^cadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, que commencèrent pour lui les tracas suscités par son attachement au Jansénisme.