Noies i7iédites
APRES LE PlUXCIPALAT 69
honneur. Mais il avait le maliieur de déplaire à un ministre puissant, le cardinal Duljois, qui regardait comme ses ennemis tous ceux qui ne se soumettaient pas à sa façon de penser sur les querelles de religion. C'est ce qui rendit inutile la bonne volonté des académiciens '.
Il en fut de même pour la place d'Inspecteur du Collège Royal qui viiil à vaquer. En sa qualité de doyen des professeurs, il y aurait certainement été nommé, si le cardinal ne s'y était opposé.
Ces hostilités auraient profoiidi'incnt affligé tout autre que Rollin ; elles eurent i)eu de prise sur son âme tout en Dieu, peu sensible aux distinctions et aux honneurs de ce monde. Il éprouva plus de douleur de la mort de son frère, qui s'éteignit en cette même année 17iO,quedes injustices dont il était victime.
Il fut lui-même à cette épo(|ue si gravement malade, qu'il reçut le Saint Viatitjue. Aux approches de cette auguste cérémonie, rapporte Crévier, il dit à son fidèle domestique Dupont et à la gouvernante qui dirigeait alors sa maison : «. Je ne veux pas voir do larmes, ni de marques d'affection; c'est ici un juur de fête ^ »
Les années (|ui suivirent toutes ces traverses ne furent pas pour Kollin des années de tranquilliti-, car les persécutions contre les Jansénistes conlinurrcnt avec i)lus de violence que jamais. Plus de trois mille lettres de cachet atteignirent les malheureux s()ui)çoniiés d'adhérer au jxtri'i. Tne ligne, une phrase louche glissée sournoisement par un ennemi, pouvaient perdre l'homme le plus innoceiil. Le I*. La Chaise disait en toute vérité, en parlant du soupç(jn tle Jansénisme dont il était alors si aisé de noircir les gens : Cent mon pol nu noir ^.