‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 45 sur 319 · lijid., p. 2»U · texte numérisé non relu

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Réponse de M. Hulllii à la lettre précédente.

Ce y février 1732, « Monseigneur,

" A travers les i^eproclics (juc Votre Eminenoe me fait dans la réponse dont elle m'a honoré, J'entrevois un fond de bonté et de l)i('nveillance pour moi, dont je suis extrêmement touché, et qui me donne occasion, j'ai presque osé dire qui me donne droit de lui ouvrir mon cœur et de me montrer à Elle tel que je suis et sans déguisement.

« Quoique je sois un homme sans conséquence, mes sfiitiments sur les affaires présentes ne sont point inconnus. Je sais que Votre Éminence aime et estime trop la sincérité pour me laisser lieu de craindre qu'elle ne tourne contre moi l'aveu simple et ingénu que je lui fais ici, et qui d'ailleurs ne lui apprend rien de nouveau. Mais je puis l'assurer que j'ignore ce que c'est que de dogmatiser et d'instruire qui que ce soit sur les contestations du temps. Je n'en suis pas capable et n'en ai pas le loisir.

(( Le fait qu'on vous a cité sur ce point. Monseigneur, d'un homme fort tntctc de ce qu'on appelle communément le parti, qui se conduit uniquement par mes conseils, permettez-moi cette expression, est absolument faux, et n'a pas plus de réalité que les souterrains de ma maison. Des pères et des mères, excités par la lecture de mes livres, s'adressent cjuelquefois à moi pour ce qui regarde les études de leurs enfants; à quoi je ne crois pas devoir me refuser entièrement. Je ne m'y prête néanmoins que sobrement et avec réserve, parce que je suis fort avare de mon temps; et je me renferme avec soin dans ce qui a rapport à l'éducation. Mais que je me mêle de conduire aucune personne par mes conseils sur les affaires présentes, rien n'est plus éloigné de la vérité. J'ai été quelquefois à Saint- Médard qui est à ma porte, avec confiance dans l'intercession d'un grand serviteur de Dieu, dont j'ai connu et admiré l'humilité profonde, l'austère pénitence et la solide piété. Mais j'y ai été trop rarement, pour qu'on ait pu, sans vouloir tromper Votre Éminence, appeler cela des assiduités.

c< Tout ce que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Monseigneur, me marque clairement qu'il y a des personnes mal intentionnées qui vous indisposent contre moi, en supposant des faits ou du moins en exagérant et empoisonnant des choses innocentes en elles-mêmes. La dernière visite dont le bruit s'est répandu dans tout Paris, a mis mon innocence et la malignité des calomniateurs dans un plein jour et une entière évidence ; il semble qu'on en soit fâché ; on s'efi'orce de me faire paraître coupable à vos yeux par d'autres imputations, à peu près comme le loup en usait à l'égard de l'agneau. J'ose supplier Votre Éminence de ne consulter dans ce qui me regardera que son bon cœur, sa raison, son équité et de ne

APRES LE PULNXIPALAT 7 7

]);is ajouter foi facilement h des rapports dont Elle a reconnu à mon ('•irard plus dune fois la fausseté et rinjustice.

« Je croyais, Monseiiineur, que l'auvraye que j"ai entrepris, qui doit certainement occuper un homme tout entier, me servirait d'apologie auprès de Votre Éminence, et de preuve certaine que je ne me mêle pas d'autre chose. En effet, j'écarte avec une rigide sévérité tout ce qui peut m'en distraire. Je ne fais ma cour à personne : je n'importune point les Puissances; je ne sollicite point de grâces, vous le savez. Monseigneur. Il n'y a point de place, si lucrative ou honorable qu'elle puisse être, qui soit capable de me tenter : il n'est pas nécessaire de m'en fermer la porte; je m'en exclus moi-même pour vaquer sans partage à un travail qu'il me semble que la Providence m'a imposé.

« Mais pour continuer ce travail. Monseigneur, j'ai besoin de repos et de tranquillité d'esprit; et je n'en puis avoir tant que j'aurai lieu de sou[)çonner que Votre Éminence est indisposée contre moi. Mon histoire me fournit paitout de grands hommes, de grands ministres attentifs à animer les gens de lettres par des louanges et lies récompenses. La plume alors me tombe des mains quand je songe que celui qui nous gouverne est mécontent de moi et me regarde d'un mauvais œil.

« Pardonnez-moi, Monseigneur, la longueur de celte lettre, et la liberté avec laquelle je vous ai ouvert mon cœur. Elle ne diminue rien du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, « Monseigneur,

« JJe votre Eminence, etc. '. »

Ces lettres, ('crites en très bon stylo, sont un nuxIMe de linesse et d'IiabileLé. Hollin. il faut en convenir, avait à défendre une mauvaise cause; il réussit, tout en conservant et en avouant >es eoiiN jetions, à se lirer de ro mauvais pas dans les meilleures conditions. L'orage (|ni faillit éclater et enirainer son exil s'apaisa. Il [)ut travailler en repos et il en prolila, car deux iioiiN l'iiiix volumes de VHistolrc nnciintnc parurent en IT.'l.'i.

.Maigri' les fatig'ues ([u'il s'imposait poni' men(>r à bien une si lourde entre[)rise, l{(dlin lr(Uivail encore le temps irenlrtdenir une nombreuse correspondam'i-. Crévier ne nous a tran<mis dans les opuscules dont il fnl le \t''rilable (■diteur (|u"un ptdit munbre des lettres el des réponses (•criles par [{(dlin. Celles ilonl nous avons la ('(dleilion pr'es(HU' coiiiplide se rap|HM"tent à .1. 15. IJoussean, alors (|iril (dait iidin'' à liruxidli's. l'illes

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