‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 56 sur 319 · Chapotin, p · texte numérisé non relu

Chapotin, p

3. Extrait d'une notice sur ce miracle : <■ Cette dame, née Anne Chartier, était femme d'un ébéniste de la paroisse Sainte-Marguerite, et demeurant, 8, rue de Charonne. Elle souffrait depuis longtemps d'un flux de sang. En 172o, le jour de la Fête-Dieu, elle demanda qu'on la descendît pour voir passer la procession. Dès qu'on lui eût dit que le Saint-Sacrement s'approchait, elle se jeta à terre et, se traînant sur ses mains et sur ses genoux pour suivre la procession, elle sentit ses jambes et ses pieds bien alTermis. Elle se leva, marcha sans difllculté, et se mêla à la foule des fidèles. Le cardinal de Noailles, informé de ce miracle qui fit beaucoup de bruit, publia un mandement à ce sujet. Il ordonna deux processions annuelles, l'une autour de la paroisse, l'autre autour de la cathédrale, et pour que la mémoire de ce miracle passât à la postérité, il le fit graver sur une pierre exposée dans l'église. — Un office fut rédigé touchant ce miracle. » (Le curé de Sainte-Marguerite était un appelant.)

fjosa de plus les beaux vers suivants, qui se trouvent au bas du portrait si connu de Rollin :

Ille est formandx solers cupidusque juveritœ,

AssiduiiH morum cultor et ingenil.

Vivus adhuc hominiim volitat rcçfnatque per ora;

Famae idem tcstis spretor et ipsc sua?; Unica pcrtentat fjencrosum (jloria pectm

Spargere doctrinx quas cumulavit opes.

En tète de V/Iisloire ancienne le portrait de Rollin est également accompagné de quatre vers où Coypel rappelle ses vertus :

A cet air vif et doux, à ce sage maintien. Sans peine de Rullin on reconnaît Timaiie; Mais crois-moi, clior lect(!ur, médite son ouvrage Pour connaître son cœur el pour former le lien.

Coypel ne se borna pas à retracer en vers les vertus de Rollin. il légua encore son portrait à l'Université.

Celle-ci, croyant les passions jansénistes apaisées, donna en 1784 l'éloge de Rollin comme sujet de composition pour le Coiu^ours général. « Un certain nombre d'élèves de rhét(tri(|ue admis à concourir refusèrent de composer. Ils brisèi-cnt li\s bancs, sonnèrent les cloclies (ils étaient réunis dans une salle du couvent des Frères prêcheurs) et causèrent un tel vacarme (|u'il fallut le\('r la séance. Il fut démontré que cette insurrection scandaleuse était préméditée, et (jue des billets séditieux avaient été répamlus parmi les élèves pour les excilei'. On accusa les rhétoriciens du Cardinal Lemoine d'être les instigateurs du trouble, en haiiu» de Knilin et du Jansénisme; mais cette inculpation ne fut pas prouv(''e. La eoniposilioii de rliélori(|iie fut suspendue, et l'on ;ipplii|na à la l'ép.iralion des d(''gàls la valenr des prix (pii auraient (Hé distribues '. »

(]etle manifestation hostile est la seule (|ue les miMUoires du temps aient constatée. Ilollin, apri's sa mort, comme de <on vivant, fut h()iH)ré et loin'' par les plus hauts personnages. Il est regrettable (|ue nous n'avitiis ([u'une faible partie de sa cori'es[)oii(|ance; car elle nous aurait foinaii de nonveaux tenioi gnages île la cousidi'ralion dont il jonissait el yh' la salutaire inlhuMicc (lu'll exerçjut.

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