ADMINISTRATION GÉNÉRALE DE L'UNIVERSITE
1° Recteur. — Son élection à deux degrés. — Conclave des Inlranls. — Durée du rectoral. — Honneurs et pouvoirs attachés au rectorat. — Petits revenus du rectorat. — Cérémonie de la procession rectorale. — Indépendance du Recteur suspendue sous Louis XIV. — Autorité du Recteur contrebalancée par celle des Chanceliers. Officiers de l'Université. — Par qui ils étaient nommés.
2" Procureur r/énéral ou Syndic. — Le premier des officiers de l'Université après le Recteur; son importance, ses attributions; — par qui il est nommé.
3" Greffier ou Scribe. — Ses attributions; — par qui il est nommé. — Ses droits de perception.
4° Questeur ou Receveur. — Ses attributions; — sa nomination.
0° Conservateur des privilèr/es. — Le prévôt de Paris conservateur des privilèges royaux. — L'évéque de Beauvais, de Meaux ou de Senlis conservateur des privilèges apostoliques.
. Recteur. — L'élection du Recteur, chef de l'Université, se faisait à deux degrés; elle était accompagnée d'un grand cérémonial et de minutieuses formalités.
Quand elle devait avoir lieu, chaque nation se réunissait dans le lieu ordinaire de ses séances et déléguait par un vote pour la représenter un des siens nommé intrant^; il y avait ainsi quatre intrants, qui devenaient les mandataires de la Faculté des arts et les électeurs définitifs du Recteur ^
1. Il fallait avoir trente ans pour être intrant, et comme les nations étaient divisées en provinces, chacune d'elles nommait son intrant à tour de rôle. (Crévier, Histoire de l'Université, t. VII, p. 83.)
2. Les Recteurs étaient pris : 1° parmi les régents de collèges de plein
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Après avoir entendu la messe du Saint-Esprit et prêté serment entre les mains du Recteur encore en fonctions, ils entraient en conclave (doù leuf nom dintrant) à l'église Saint-Julien-le-Pauvre jusqu'en 1649 et, depuis lors, au cloître des Malhurins, d'où ils ne sortaient qu'après avoir élu le chef de l'Université.
Les fonctions rectorales ne devaient durer que trois mois, et d'après les statuts de 14o2 la même personne ne pouvait être réélue. Pendant plus de cinq cents ans ces dures prescrip tions furent observées'.
En agissant ainsi, l'Université voulait empêcher que l'autorité souveraine qu'elle déléguait au liecteur ne dégénérât en despotisme par un plus long usage, et n'altérât l'indépendance de la corporation, mais les circonstances difficiles qui surgirent au temps de la Ligue firent quen l'ôUl Raoul Neveu, alors Recteur, fut autorisé à rester en fonctions. Ce précédent devint bientôt un droit; les intrants purent à leur gré réélire le même chef ou en nommer un nouveau, et nous voyons dans la liste des Recteurs de KJOO à 171)1 qu'un grand nombre d'entre eux occupèrent cette haute dignité plusieurs fois de suite. Pour n'en citer que quelques exemples, Balthazard Gilbert obtint 1") réélections consécutives; Piat et Kollin, 8; Coflin. \. .Mais, après les réélections de IMerrc Uu Boulay, qui se renouvelèrent pendant trois ans-, il fut décidé, sur les réclamations de la Faculté de tiiéologie, (luo le Parlement aurait seul le droit de prolonger le rectorat au delà du terme légal, et désormais il en ti fui ;iiiisi.
De grands honneurs et des pouvoirs étendus étaient attachés aux l'onclioiis de H(>cleur. On ne s'adressait à lui ([u'cn lui (lisant: Monseigneur. S'il était appeh- au Parlement, il siégeait à côtt' (les Barons; lors(|ue les privilt'ges de l'iniversitt' étaient violés, il i)()uvait suspendre les cours et les prédications, (".'('tait
exercice qui enseinnaii'iit l.i |)liilosn]iluf depuis doux ans on I>icn la j:rammaire el la rlKHoriquc. depuis scpl ans; "J" parmi les l'rinci|iaux do colli'Kes après trois ans d'adniinislration ; ;i" |»armi les liaolioliors ol les iiconcios des Kacnltos de tlii-olofiio. de dorrol el tlo inodooino. I.o liacholior ol le licencie élu Ilecleur no pcuivail Olre promu au uradc de noclour pondant son llecloral. (Jourdain, Histoire de l'Université, p. 13.)