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SES ANNEES !jE l'UOFESSORAT 15
do ce long règne. Malheureusement, ce discours n'est pas le seul où il fait l'apologie des cruautés exercées contre les Protestante. Six ans plus tard, alors qu'il était Hecteur et quf la Faculté 1 avait chargé de prononcer le panégyrifjue de Louis XIV, conformément à la fondation de la ville de Paris', il renouvela, en termes encore plus exagérés, son admiration pour les Dragonnades et sa reconnaissance pour les piétc.'udus hienfaits rendus p.'ir le roi, on chassant et en persécutant les Protestants.
Toutefois, les raisons qu'il donne pour justifier ces persécu lions seront, ainsi que nous allons le voir, par un retour fatal dos choses d'ici has, les mêmes (jue celles invoijuées contre lui et contre If paru dont il était un des plus fermes soutiens. Les situations sont les mêmes. Versahanlur, dit Hollin, nobiscum in iisdi'm utblbus, suh iisdein toctis homines, si non slurJid l'I voluntate n nofjis nlietii, cet le npinionibiis et religions ablujrrcnh's. Hiihebant suns sihi hoctores, suu ti'inpla, suas rn-reuiouias; illoruin /i.rrrsiin opus rral di'hii, et ipsn risu ijuasi dnln'i prxri'plus opiniones, dissipari sensiiit el i-vintesccre i-rroris InieOras. Id arjgredi ausus rsl Ludovicus ; cwcù impelu ruenles in rriiuiii pernicirm salittari di'xtra suslinuit. Hoc est ovinium ipi;r unqwDii conferrris, Ludovici', maxintitni. Itim, hoc iiniium tipns hniin. t/uod tins priecipue ndmirmi dfbiiuus, ipiml sola pii/fiil, ut fus l'sl, relidniiri' pusteritus -.
La postiTiti' n'a |)as mauqui- de llitijr la conduilc de Loiii> \l\'. et (le l)làm(.'r les llalteries de Hollin. (|iii. dans le fou do son enlliousiasine de commande, nous \..idon> hien le croire, poussa l'exagc-ralion à i-omparer le roi ;i Jupiter et à Josué : vidiiiius uno Ludovici tiulu, lumpium tubuiuui rianijurf l'I siuio, JiU'irJiunliuu currucrr uiwniu, uUivuiuu^ue sj)i'ni et vcltil urcriu prosinil.f et exsj)iraulis /f.Treseos regia uiunu penilus dissijttiri '.
I. Kn IfiSl, Louis XIV olnil parvfnii ii l'npi>f,'iM' de suii r«'K'nc ; la villo d«' l'aiis foiiila en son lioiiinur ini pantK'\ri(|ii(' (|ui dcvail «^In- |ir«»nonc«« Ions Icîs ans, le l.'i mai. jour atinivorsaire do son aviMicnn-nl «n lr<\nf. Iji Facnlli^ des Arls, cliaini-i' d<' l'arconiplissemi'nl de roM»- fondation. conrUit avt;c la ville do Paris un traite d'après liMpud lr l'rovùt ot les erhevin<» s'engap'rtMit ù payer une somme annuelle de loi) lixres pour ce |winé|t>riijue. l/usane en fut eoiilinue justpi'a la mort de I.oui- XIV, et ct**A A celle epoipie. (Jourdain, Histoire de l'L'nieersile, p. Jiij.»
•2. Itlllisiutry. I. Il, p. '.t:»-Vi.
IG VIK l)K IKIIJ.IN
l'diii' i{iii coiiii.iil l;i (In lil me (le iinlliii. >()ii aversion piuir In llallerie, aversion <|n'il a lanl ilc fuis rnaiiifestée dans ses onvra;^a's, ces i»ané^;\ ri(|urs n'('l.ii(iil (('rlaincnient pas l'ex- ])ressi()n de sa pensée, mais hirn un ilrvoic ilf scrvilnde litlé niii-c aminci il ne [KUivail se sonsli'aii'c.
Il sVii (lf''(|(iniina^t'ait anprès de la jeunesse, vu s'ùlevant eonlic la llalliiic don! il subissait la nécessité, et en se réfugiant dans le commerce des chefs d'œnvre fie l'antiquitf'. I.a lanm'ue latine n'avait pour lui aucun seci-et ; il en possc'dait tontes les finesses; ses pensées se Iradui'-aicnl jilns facilcmciil et j)lus élo(|uemment en latin (|u'cn fram;ais, et d'A^niesseau, apri's avoir lu les volumes d'histoire dont il admirait le tour facile et l'élégance, lui écrivait : <( Vous parlez en latin conirnc si c'était votre langue naturelle. )) Il est vrai que dans r.'incienne l'niversité le latin était la langue naturelle, usuelle, et le français ne venait qu'en seconde ligne.
RoUin n'était pas seulement un latiniste distingué, c'était encore un des meilleurs hellénistes de son temps. « 11 aurait pu écrire en grec ce qui lui était dicté en latin », dit Crévier, et il ajoute qu'il avait dès sa jeunesse montre de la préférence pour cette langue, 11 en ranima l'étude et en fut pour ainsi dire le véritable restaurateur. Elle lui était si familière qu'il conversait en grec avec Boivin le cadet, son condisciple, son ami et son collègue au Collège de France, pour se préparer à la thèse qu'ils soutinrent suivant l'usage de l'Université '. Ouand, à la fin de son professorat, il fut libre de se livrer à l'étude de l'histoire ancienne, il lut dans leur texte Hérodote, Thucydide, Xénophon, Diodoro de Sicile, Denys d'Halicarnassc, Polybe, et surtout Plutarque qui avait pour lui un attrait particulier. Il partagea en six volumes, nous raconte Crévier, un exemplaire des Vies imprimées par Henri Etienne ; il en fit réduire le format pour le rendre portatif et quand il partait en promenade avec l'abbé d'Asfeld, son savant ami, chez qui il passa l'été à Colombes pendant les trente dernières années de sa ^ ie, ils se munissaient tous deux d'un petit volume de Plutarque, dont ils lisaient une ou deux Vies, tout en se promenant.
Les poètes grecs ne lui étaient pas moins familiers. (( Je
i. Opuscules, t. I, p. 27.
Si:s ANNKES DE l'IlOFESSOR.VT 17
Ira vaille, écrivail-il, eu lO'J^i, à sûii ami Boiviii, /Juvinio suo, cinq heures avec mes élèves, et je fais ma lecture ordinaire de i|uatr(';i ciiui cents vers d'Kiiripide ;ui moins '.n
Los fatigues du professorat l'iil)li;,n'-rent, en 1093, à i|uitter, après dix ans d'exercice, sa ciiaiio de Hhétorique au collège du IMcssis". Ce fut au grand regret de tous, car. il brillait, dit (^révier, par sa bonté, son zèle infatigable et son érudition qu'il savait rendre aimable. Habile à réprimer l'impétuosité (les uns, à relever le courage des autres, à ménager la délicatesse et la sensibilité de certains autres, il discernait prompteiiiciil et avci- sûreté l'aptitude et l'intelligence de chacun, et \()yail loiit d'iiii coup ce dniit il ('lait capable, et ce qu'il devait ïn'uv pour réussir.
Nous n'avons (|ue peu de docimients relativement au cours d'Kloquence latine dont il fut cliariri' t]i'<. KJSiS. au Collège de l'rance, comme sin-vivancin' t\f Ibis.m. qui lui mémo n'était (pie coadjuteur de Jean (icrbais^! Son ni(''iil»' et son .'incicnufté le lircril iionimei' Doyen du (!oIIi''i:'i'. ((li'llc diLrnilt' n'avait pas .taraude itu|i(>rtauc(' à r(''|nH|ur de llnlliii. I»au> le principe, le Doyen (''lait l'administrateur du (lolN'-ge; mais en lO'di on cré-a la l'onction de Syndic, à (pii revint en réalité l'administratiiui lie l'iMablisseuient. ( ;e|Mii( la ii I |el>iiyeu pr(''>i(lait les assemblét'S et paraissait dans les cert''monies à la ti'-te des professeiu's. I
l'ji I7:i'i, .alors (pie le (lolli'ge de I-^rance, très insuflisainment iii^l.illi' dans les \ieu\ liàtinient- du cii||è;;-e de Tr(''guier. allait iMre li;ill>f(''r('' à l'Ih'itel de .\e\ci--^. Jean Kaptiste (liiutiuc.