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COMMUNAUTÉ ET PERSONNEL DES COLLÈGES

Au collège du Cardinal-Lemoine le Grand-Maître était nommé par l'archevêque de Paris, supérieur du collège.

A Lisieux, cette nomination était faite par le Supérieur du collège, le Procureur et les boursiers théologiens.

A Autun, l'acte do fondation partait que le Principal devait être nommé par les boursiers assemblés capilulairement.

A Beauvais, le Parlement, qui en était le Supérieur et le protecteur, nommait le Principal.

Les Principaux, (îrands-.Maîtres et J'roviseurs remplissaient des fonctions analogues à celles des Proviseurs dans nos lycées et des Principaux dans nos collèges communaux.

Toutefois, le titre do Grand Maîtroétait lopins honorable' des trois, et les collèges qui avaient un chef de cette qualité prétendaient ne pas être astreints à l'inspection que le Recteur (lovait faire à son entrée en fonctions*.

Quand les petits collèges de l'aris furent réunis à Louis le- Grand, en 17G2, il y eut dans ce grand centre d'enseignement deux chefs comme à Navarre : un Grand-Maître temporel et un Principal. Le Grand Maître était chargé de la partie matérielle, ol veillait à l'exécution des décisions prises par lo Jiareau (nom que portait le conseil d'administration du collège). Le i'i'inoipal avait la direction dos études et réglait los aiïaires avec les familles dos élèves payants.

Le Sous-PrincipaP, dont la nomination appailonait au Grand-Maître, avait dans ses attributions tout ce qui concornait la discipline, et il remplaçait lo Principal vn son al)S(Mico".

Lo Procuroiu' ou Lconoint^ ('lait chargé k\c la comitlabilitt'-. Enlin les (;iia[)olains c(''lt''braiont lo service divin ; mais comme

I. Si nniis iiniis cil r.ippurloiis à un arrrl di' Louis XIV (Itlll) concernant le SciiliMiiiiiiin, il y avait des (Iramls-.Mailres a .Navarre, au Canlinal- Lenioine, à Montaigii, aux Quatre-Nalions. à Laon, à Lisieux. aux Cli(»lets, à Maiire-dtrvais. Cepemlanl les docunienls nonilweux que nous avons consultés ne niPnti<jiinenl pas les cin<i ilerniers ci>llej:es comme ayant eu des Grands-Maîtres. C'est |)our<|uoi nous faisons des réserve-; iinaiit à la liste (jue nous avons citée. (Ueeueil Thoisy, t. .\. p. '.Vl'l.s

Les ((dlèKcs. qui avaient à leur léle un Proviseur, élaieul .•.•ii\ .ril;ircourt, de Justice et la Sorhonne.

■J. Jourdain, l'irrrs jiisti/icnlirrs-, p. 2'.I5.

;!. Nos grands coIIckcs communaux ont encore conservé le nom et les attriliiitions du Sous-Priiuipal. Dans les lycées, il s'appelle Censeur

t. UoUin. Trailr, I. IV, p. V;itl.

128 ORGANISATKlN DE L'UNIVERSITÉ

ils étaient assez souvent les premiers boursiers du collège, ils y exerçaient une grande iniluence, quelquefois pernicieuse. Ils entraînaient les autres boursiers dans leur parti, et suscitaient de graves embarras au Principal, qui n'avait sur eux aucune action.

C'est ainsi que Grangier, Principal du collège de Beauvais, eut à supporter mille tracasseries de leur part, et que Kollin ne parvint à avoir raison de leurs injustes exigences que grâce à de puissants protecteurs et à l'habileté dont il fît preuve.

Les collèges de province avaient la même organisation que ceux de Paris, sauf quelques légères modifications. Ils étaient très nombreux (nous en donnons la liste dans l'Appendice), et quelques-uns avaient une grande réputation. Au collège de Guyenne, à Bordeaux, il y avait deux classes de grammaire et de lettres et deux de Philosophie. Ce collège eut l'honneur de compter parmi ses élèves Montaigne, La Boëtie et Scaliger.

A l'Esquille, à Toulouse, il y avait plus de neuf cents élèves, sans compter les collégiats, boursiers de neuf petits collèges à qui l'on donnait simplement le vivre et le couvert, mais non l'instruction. Ils étaient la terreur de Toulouse, et leur désordre devint tel qu'une commission fut nommée en 1668 pour réformer les abus.

DES REGENTS

Premiers régents de la rue du Fouarre. — Leur nomination par les nations. — Leurs prérogatives. • — Statuts de 1455 assurant dans les collèges les droits des régents autres que ceux de la rue du Fouarre.

— Conditions pour être régent. — Privilèges des régents immatriculés.

— Faible mérite du grade de maître es arts. — Premier concours dagrégation en 176G. — Trois ordres de fonctionnaires parmi les régents immatriculés. — Célibat exigé des fonctionnaires de l'Université, exception faite pour les membres des Facultés de Médecine et de Droit. — Infractions à ces exigences, notamment de la part de Grangier. — Tolérance acquise désormais pour le mariage des régents.

Pendant plus de trois cents ans (de 1100 à 14o4), l'Université ne connut d'autres régents que ceux de la rue du Fouarre, où avaient lieu des cours de philosophie scolastique, seul enseignement public de cette époque. Ils étaient nommés par les nations, et jouissaient du privilège exclusif de faire partie des

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