ÉCOLIERS. - BOURSIERS. - PENSIONNAIRES CAMÉRISTES ET EXTERNES
Écoliers. — IJienvoillance excessive de l'ancienne l'niversité «i l'égard de ses élèves. — Immunités dont ils jouissaient. — Grands el petits boursiers. — Étal des grands boursiers. — Étal des petils boursiers. — Triste situation des premiers écoliers. — Situation heureuse, indépentlantc et honorée dos grands boursiers. — Leurs infractions aui règlements. — Rois et Princes anciens élèves de Navarre s'honorant du titre de premiers boursiers du collège. — Situation moins heureuse des petits boursiers. — Louis-le-Grand après l'expulsion des Jésuites devenu centre de l'administration el collège oii se réunirent toutes les bourses.
— Tau.K définitif des bourses. — Conservation à Louis-le-Grand du nom de Dormans-Reauvais. — Bourses et usages conservés par les administrateurs de Louis-le-Grand. — Collégiats, boursiers turbulents à Toulouse.
Portionnistes ou Ptnsionnaires. admis dans les collèges en dehors des fondations. — Taux de leurs |)ensions lixé par l'autorité. — Canu-ristes.
— Contlitions de leur admission dans les collèges. — Externes. — Mauvaise conduite de ces élèves constituant la majeure partie de la population scolaire. — Lea Gn loches tout aussi turbulents que les Murtiuels.
DES ECOLIKHS
(Jiii n'a (lit on cntondii dire : « No.s écol'ors valiMit moins que iTiix (raiilii'foi's ; la jcniiessii tic notrr temps était plus docilo, j)liis stiidiriisc. moins avide lU^ plaisirs »? ('."est une petite satislacliou (pie se duniie la ^.reiiéralioii ipii s'en va, mais an fond, pour ipiieonipie a clndi»'' l'hisloire. nus ('eoliers. loin d'èlre intV'rjrnis a li'iirs devanciers dn wn' ri dn wnr' siècle, l'emitor lent sur eux par le travail, la disi-iplinc et leur instruction pins
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solidecl plus étendue. Ou leur api)rend qu'ils ont plus de devoirs à rem[)lir que de droits à exercer.
Les anciens écoliers jouissaient de nombreux privilèges qui les faisaient presque les égaux de leurs maîtres. Quand ils se rendaient coupables de méfaits graves, ils n'étaient pas soumis à la justice ordinaire; l'Université les réclamait, et les jugeait avec une bienveillance excessive. Ils étaient exemptés de tout service militaire, de tout impôt, de toutes charges municipales ; on ne pouvait saisir leurs livres, et lorsqu'ils avaient, en province, quelques procès à soutenir, ils étaient autorisés, ainsi que nous l'avons déjà dit, à ne pas se déplacer.
Ces immunités étaient sans doute un grand honneur rendu à la science que les rois voulaient favoriser en protégeant les étu diants; elles prouvaient aussi le respect que l'on portait à l'Église dont les suppôts de l'Université faisaient partie, mais au lieu de produire les bons effets que l'on en attendait, elles favorisèrent souvent la licence qui se perpétua dans les collèges jusqu'à la fin du xvni" siècle.
La situation des écoliers sous le règne de Louis XIV ressemblait presque complètement à ce qu'elle était antérieurement. On distinguait plusieurs sortes d'écohers : les boursiers, les pensionnaires ou portionnistes, les caméristes et les externes.
Les boursiers eux-mêmes se di^isaient en grands et petits boursiers.
Les grands boursiers étaient ceux qui, ayant terminé leur cours de philosophie, se préparaient aux grades dans les Facultés supérieures '.
On appelait petits boursiers les étudiants de la Faculté des arts, artiens ou artistes, qui suivaient, depuis la grammaire jusqu'à la philosophe inclusivement, les cours conduisant à la maîtrise es arts.
Tous les boursiers, dans le principe, étaient de pauvres jeunes gens que des hommes riches et pieiix, des évêques,