‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 90 sur 319 · Bibliothèque de l'Université, HFAU, p · texte numérisé non relu

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recueillaient dans de modestes maisons nommées collèges et dont ils assuraient l'existence en leur donnant une petite somme nommée bourse qui leur ' était distribuée toutes les semaines '.

La pauvreté dans l'ancienne Tniversité n'était pas un obstacle [)our entreprendre des études; l'exemple des ordres mendiants tels que les Franciscains, les Dominicains, rendait la mendicité presque honorable.

Les boursiers s'aidaient entre eux ; ceux de Laon distribuaient leurs restes aux externes de leur nation; les maîtres donnaient à leurs élèves leurs vieux habits, leurs vieilles chaussures -. Pour gagner de quoi vivre et étudier, ceux qui ne pouvaient obtenir une bourse copiaient des livres, balayaient les salles, se mettaient au service d'un étudiant riche ou d'un professeur. .Nous avons indicjué plus haut ceux qui, par leur courage et leur mérite, ont occupé les plus hautes positions.

Les boursiers les plus heureux étaient les grands boursiers '\ (lomme ils avaient de vingt à trente ans, qu'ils étudiaient presque tous en théologie, que beaucoup d'entre eux étaient même prêtres, ils se posaient dans cette petite République nommée collège moins comme des sujets obligés d'obéir ((ue comme des citoyens prenant part au gouvernement. Ils formaient en efTet avc(; le Principal et les autres fonctionnaires (Procureur, Keceveur, etc.) le Conseil du collège. Ils avaient droit de vote dans toutes les délibérations, et ils étaient sùi's en se r(''unissant (h' l'einporler sur le Principal dont l'action sur eux (''lait pres(iiie mille. Aussi lr;i\ .lill.iienl ils ;i |ieii près à leur guise, et pourvu (pi'ils sortissent et riMilrasseul à i'iieui'e \dulue, le Principal n'avait rien à leui' cominand(>r.

D'après les n-glenieuls et la volouli' des fouilateiirs. eli.uiue grand boursier devait avoir unechaudire parlieiilièi-e et manger à une table commune, mais ce dernier arlii'le l'tait rarement observé. « MM. Ii-s grands boursiei's, trouvons nous d.ins le procès-verbal (iiiiie \isile faite imi I7I.'{ au eollè:;e de l'.ayeux, vivent en ville et louent à des étrangers la cluunbre à la((uelle

I. (lliapolin, llisinire du CoUcfie de licauvnis, l. I, p. l'J.

'2. Archives ilc l'rMivtM--iir', IU-l'. '.'i'>.

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ils ont droit' ». Une telle infraction aux règlements méritait oortaincmcnt une répression exemplaire. Le Recteur se contenta d'intimer aux coupables l'ordre de rentrer désormais au collège dans l'espace de trois mois, sous peine de destitution s'ils persistaient à ne pas obéir.

Quand ils consentaient à babiter au collège, leur conduite n'était pas meilleure. « Ils ne sont pas assez tenus de court, dit Grangier, Principal du collège de Beauvais, dans un long factum où il retrace toutes les misères et les tribulations de son administration. Beaucoup se licencient en leurs chambres de boire et de jouer, aucuns mangent en un jour ce qui devrait servir pour la sepmaine et puis sont en queste au lieu d'estudier. C'est chose pitoyable d'eux quand ils sont malades. »

Au collège de Maître-Gervais, en 1679, les grands boursiers s'associèrent à une troupe de gens armés pour frapper et renverser M. Dubois, leur Principal, et le contraindre, après l'avoir entraîné au cabaret, à signer une promesse d'argent ^ Les coupables furent condamnés les uns aux galères, les autres au bannissement.

Au collège du Trésorier l'enquête faite au mois de février 1687 par M. Bochart de Champigny nous révèle que les grands boursiers théologiens de ce collège n'assistaient jamais aux offices de la semaine, se dispensaient de prendre part aux exercices scolaires, se levaient et dînaient à leurs heures, contre la règle de la maison, jouaient à la paume, au billard, parfois découchaient et témoignaient une superbe indifférence pour les avertissements du Principal '\

Ces quelques faits, qu'il nous serait facile de multiplier, montrent le désordre et l'anarchie que les grands boursiers avaient introduits dans les collèges.

Les prérogatives dont ils jouissaient dans certains établissements leur donnaient du reste une sorte de droit à se considérer comme maîtres.

A Autun, c'étaient eux qui nommaient le Principal. Au Cardinal-Lemoine, les vacances des classes appartenaient aux boursiers théologiens. Aux Cholets, le plus ancien d'entre eux, appelé

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