ï^ainte-Beuve, Povl-Royal, t. V. p. 27i
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seiirs, malgré los l'iiiiiiis, les persécutions et les disgrâces qu'il eut à supporter jusqu'à sa mort. Tout du reste en lui le prédesli liait ;i se mêler ;i la lutte où il ne s'avoua jamais vaincu; la doctrine de l*ort-Hoyal répondait admirablement à l'austérité de sa vie et à sa piété vive; de plus, l'amitié et la jirofonde déférence qu'il avait pour l'abbé Duguet ' et l'abbé d'Asfeld furent les motifs qui le décidèrent à embrasser leur cause et combattre avec eux. Duguet, que Sainte Beuve considère comme un Janséniste d'occasion, n'était pas moins un des appuis les plus fermes et les plus influents du piirli. Ecrivain fécond, d'un savoir immense, dit Crévier, il parlait a\rc une facililt' adnuralile et une grâce parfaite. Ses ouvrages >iir la religion, ajcjute Cri'vier, resjiirent toutes les vertus chrétiennes. Etait-il oblig-é de réfuter l'opinion d'un adversaire, il le faisait avec des égards et des mé'iiagements infinis; aussi sa n'putation. bas(''e sur de si rares (|ualili''s. ("lait telle qu'elle s'imposait partout oii il ('(ail coiisiilli'-.
Saint-Simon, si difficile en fait de considération, l'appelle (( un lioniine célèbre pai- ses ouvrages, par la vaste étendue de son cspril. |).ir son t'riidilion. que l'on peut dire universelle, |»ai- riiumililt', la sainteté de sa vie et par le cliarnieet la soliditt'de sa coiiversalion - d. Hollin. ipii était en relations suivies avec les lioniiiics lis pins disting:ués du monde littéraire, eut occasion (le li- voir et dr ra|)préciei'; leurs caractères et leurs sentiments ('"laiil en parfait accord, une sympathie naturelle les r,ippii)ili;i (II- leurs premières entrevues : sympathie qui se lian-^t'oinia iiirnh'il m uni' .imilit' sinci're, profonde, mais non faniilièie. ciiniiiie il i'oii\('iiail entre personnes aussi graves. On en a li' ti-nioignage dans une lettre de Itollin à .l.-B. Hous seau, (le niallieiireux poète ('•lail alors poiirsui\i |tar ses «'nnc mis; liollin lui eii\ oya pour li' ro!i>o|er le li\rede hiigm'tsur Il Passion de Noire Seigneur .li'-sus Clirisl, m dont la lectm'c. lui dil-il, me cliarine et iu'eidè\e. .l'ai eu, continue I il. le bonheur d'èlre lié- a\ec l'aiileiir |iar nue amilii' temlre et inlimi"; el
1 . J.iri|iii'> Jii-M|ili l>ii>;iicl, ne If '.I iiovciiihrf l''!'.' a .Mniillnixon, n\ail |ionr piT.- un ;iv(ii\il au IMvsiilial ilf ifllc ville. Il cluilia l'Iu'/ {«'s l'orrs lii- rOralDin-, ciilra ilani U'ur sofit'li'', ri nnifi^'-sa la |ihil(Wi)pliii< dans If colIc).'!' (]u'ils avaient i\ Troyes.
2. Mthnoirci île ^tiinl-Simun, l. 111, p. "T. ctlilion llarlicUc
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je lui (Inis If |HMi (II' (•iiiinaissjiiicr (|iii.' j';ii <lc la rrli^'-inii. l'tii • laiii [iliisiciirs aiiiiicN. il y avait un jour fli- la scmaini' on il iiuiis cxpliciuail, à un anlrr ami cl ;i moi. l'Ancien Testament, cl c'est ce (|ui a donne'' lieu à ces (»nviaK-es adtniraldes iiii|iiim«''s (lr|ini> sur la (ienèse, sur .loi» cl >in- les l'saumc» '. »
I ne (lis;,'ràcc commune, ayant jionr cause la même foi reli- Kiciise, alîennit encore leur amitii'-. Itojlin se (liri;reait d'/iprès ses conseils, el nous verrons dans la suite de ce travail ((ii'il n'accepta le Piincipalat du collè^'o de iJeauvais (ju'à la condition d'être sccondi- par l)iii:uel. \a'h Aoitvelles ecclt^sifisliijut;s. pidiliontion jatiS(''rMste à la(pielle les deux amis coHalioraieiil. assurent même (pie Uollin ne devint l'orl-l{o\ ali<le (pi';i l'innlation de l)Ui;iie|.
hiii;iiet lui-même avait élu fasciné par le i,'rand Arnanld, et Arnaidd l'avait étt' par Saint Cyran. On jie saurait croire, ipiand on (•tiidie l'histoire du Jansi'-nisme, <|uelle était l'influence de ces hommes ('lixiuents, convaincus, austères, sur ceux qui les api)rocliaient. Pascal avait subi le même charme que Dugucl. (lomment ne pas partaj;er les sentiments de ces grands Jansénistes (|uand on les connaît si zt-lés pour le bien, si scru|>nleu.\ dans l'interprétation de textes quils avaient lus. médités, relus mille fois'? ils étaient les i)remiers à condamner les cinq propositions qui leur étaient imputées. Ils niaient absolument qu'elles fussent dans ïAuiiuslinus. Pascal, qu'on ne saurait accuser de mauvaise foi, le nie aussi dans ses Prolùnciales avec toute l'éloquence et la verve pénétrante qui ont fait de ce livre une merveille de polémique et de style. Il était bien naturel (pi'on se ralliât à de telles autorités.
A côté de Duguet, que Hollin consultait et écoutait pour la direction du collège de Beauvais, était l'abbé d'Asfeld, qui, lui, était l'ami de cœur, le confident de ses joies et de ses peines. (( Cette liaison, dit Crévier, a fait la consolation et la douceur de sa vie. d'une manière à laquelle on ne peut rien ajouter, sinon qu'elle a duré jus(|u"à la mort, toujours telle que la pouvaient entretenir deux âmes supérieurement éclairées et deux ^•œurs parfaitement chrétiens '. » Ce que dit Uollin lui-même