‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 95 sur 319 · DES PORTIONNISTES OU PENSIONNAIRES · texte numérisé non relu

DES PORTIONNISTES OU PENSIONNAIRES

Les portionnistes ou pensionnaires étaient à proprement parler des intrus dans les collèges qui n'avaient été fondés que pour recevoir des boursiers. Cependant, les Principaux obtinrent l'autorisation d'admettre des élèves payant pension et, dans quelques collèges, ils versaient à la Communauté une somme débattue comme prix de location.

Le pensionnat était donc une entreprise à la charge du Principal; la rétribution des élèves était toujours supérieure à celle des boursiers; avant 1700, elle ne dépassait guère 200 à 250 livres par an. Mais à partir du xviii" siècle, les prix de toutes choses ayant plus que doublé, le taux de la pension dans presque tous les collèges de l'Université, des Jésuites et de l'Oratoire fut de 400 à 450 livres par an.

Ce taux, du reste, d'après l'article 7 des statuts de Henri IV, ne fut pas laissé à la libre évaluation des Principaux : il était fixé tous les ans d'après le prix des denrées, dans une réunion composée du Recteur, des Doyens et des Principaux, et en présence du Lieutenant civil et du Procureur général. Deux marchands de Paris assistaient à la séance, qui avait lieu le 15 septembre au Chàtelct*.

A cette même époque le collège de Montaigu n'exigeait de ses pensionnaires que 350 livres; il est vrai que la frugalité était de tradition dans cette maison, et que les dépenses y étaient moindres que partout ailleurs. Porter froc et robe grise du drap le plus grossier, avoir la tête rase, faire à tour de rôle la cuisine, laver la vaisselle, couler la lessive et balayer la maison étaient les articles les plus doux rédigés pour les pensionnaires par Jean Standonck, Principal du collège ^ Il fallait par toutes

1. Jourdain, Mémoire de l'Université de Toulouse, p. 38 et 39.

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