A LUTTE
donné le courage de poursuivre une entreprise dont le succès paraissait impossible. Songez donc, un roman en dix volumes, alors que les lecteurs français ont peine à supporter deux volumes ! Et ces dix volumes paraissant d'abord aux Cahiers de la Quinzaine^ par petites tranches, à longs intervalles, et dans des conditions invraisemblables, au dire de ceux qui connaissent le métier de la librairie !
En dépit de tout, Jean-Christophe a triomphé. Il ne cesse de monter en pleine lumière. Des traductions ont paru dans presque loutes les langues (i). Chaque
ceux qui ont le plus fait pour propager l'œuvre et la pensée de Romain Rolland, il faudrait signaler, dans les pays de langue allemande, MM. Hermann Rahr et Stefan Zweig ; en Angleterre, MM. Wells et Arnold Bennet; en Danemark, M. Georges Brandès ; en Suède, Mme Ellen Key ; en Amérique, M. Upton Sinclair.
(1) Il n'a pas été publié, jusqu'ici, de traduction
pays a son volume de prédilection. En Suisse, on ppéfèi-e VAube ; en Italie, V Adolescent; en Allemagne, la Révolte; en Angleterre, Anloinetle ; en France, Dans la maison, les Amies et la Nouvelle Journée; en Amérique, le Buisson ardent. Ces préférences ne pourraient-elles pas donner lieu à d'intéressantes considérations de psychologie ethnique ? l>e l'étranger, Jean- Christophe revient en France. A Paris, les éditions se multiplient (i). On L'écoute, on compte avec lui. C'est une force qui se déploie pour le bien et pour la vérité. Et les « marchands de gloire » rentrent dans Tombre. Demain, ils seront bien forcés de suivre le mouvement de l'opinion. « Ils
de Jean-Chrisîophe en langue italienne, mais le& Ita^ liens lisent avec passion l'édition française.
(l) Sans compter l'édition primitive des Cahiers de la Quinzaine, VAube a dépassé sa 40^ édition, à la librairie Ollendorff. Les autres volumes suivent de près.