‹ Roman incohérentChapitre 10 sur 93 · NISUS ET EURYALE · texte numérisé non relu

NISUS ET EURYALE

dèon. L’omnibus sera notre intermédiaire. Je te porterai le scénario, nous le mettrons aupoint, etluviendras me lire la pièce.

— Séparons-nous, dit Euryale.

Et ils vont ainsi, sans repos et sans trêve. Ils ont trouvé un copiste qui croit à leur génie, et qui recopie leurs manuscrits en ronde magistrale. Ils font cinquante pièces en vers et en prose dans le cours d’une année, comé-

dies, proverbes, vaudevilles, opérettes, farces, monologues et chansons. Ils frappent à la porte de tous les théâtres, dont pas une ne s’est encore ouverte devant eux. Ils se sont alors regardés. Leurs fronts rayonnaient.

— Les directeurs changent ou meurent, dit Eisus.

— Les œuvres sont immortelles, dit Euryale .

— Faisons une pièce en cinq actes.

— Et en vers.

Et les deux amis, sans colère, sans découragement, sans plainte, ont recommencé.

Nisus arpente toujours les rues de Paris, et Euryale laissecouler, desa plume d’or, des tirades douces comme le miel, sonores comme les harpes d’Éolie.

Qui sait ?

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