TEL OUBLIE QUAND D AUTRES N OUBLIENT PAS
La vengeance est la mémoire du mal: l'oubli du mal est la vengeance du bien.
PÉRIÀNDRB.
C'était le lendemain. Je venais de sortir de ma chambre, le matin assez tard. La veille, dans la soirée, nous avions entrepris, Teddy, Josy et moi, un whist avec un mort. Ce jeu, prolongé jusqu'à une heure indue, m'avait reposé du détail des hauts faits de notre pécheur de truites. Nous n'avions parlé que pour compter nos points et médire du bridge, ce faiseur d'embarras qu'une époque de complications prétentieuses a préféré au classique et noble whist auquel mon vieil ami reste fidèle et joue en maître.
J'étais entré dans ce petit salon de Tappartement de ma mère, où elle peut aller et venir sur un fauteuil à roulettes qu'elle sait manier ellemême à l'aide d'un levier. C'est là, de préférence, qu'elle passe la matinée en travaillant à son gré, parmi les livres et les choses qu'elle aime ; c'est là aussi qu'elle s'occupe de ses œuvres et des soins domestiques et administratifs dont elle s'est déchargée, pour l'essentiel, sur Noémi de Méryl, tout en conservant un droit de maternel contrôle.
Je la trouvai en conférence avec la femme de Janicot. Il était question de la bergère Germaine.
— Une brave fille, disait sa maîtresse, et qui avait bien trop de finesse, et qui était bien trop « gente » (c'est-à-dire propre et joHe) pour rester éternellement derrière ses moutons. On pourrait la marier. Ce serait pain bénit que de l'établir. Justement, un honnête garçon la pressait de l'accepter pour mari ; elle hésitait, il fallait la convaincre.
Ma mère répondait qu'elle ne pouvait trancher cette question délicate, en l'absence de « mademoiselle ».
■ — Bien sûr, approuva la métayère. Seulement, j" m parle pour profiter de l'occasion que j'ai de voir madame.
Lorsque la bonne femme se fut retirée, je dis en riant :
— Je constate que vous avez totalement abdiqué aux mains de Noémi ; vous avez eu raison. Elle gouverne admirablement Tempire que vous lui laissez gouverner.
Je m'attendais à la voir sourire et me répondre d'une manière enjouée ; car, malgré son état, elle fait montre encore souvent d'une gaieté fine et délicate qu'elle eut de tout temps et qui est le propre des âmes paisibles et distinguées. Mais sa figure restait grave ; et, sans donner suite à ma réflexion, elle demanda :
— Que vas-tu faire aujourd'hui, Raymond, avec tes amis ?
— Je leur ai proposé, pour ce matin, une promenade à cheval dans la vallée de la Maulde. Je viens d'envoyer Michel prendre chez notre ami des Mureaux deux de ses betes, à l'intention de miss Josy et de son frère.
— Il est convenable, en effet, observa-l-elle,que sir Edouard vous accompagne, Je ne sais si tu as réfléchi aux réflexions qu'on a pu faire, hier, dans le pays, en te voyant te promener seul avec miss Assler.
— Ma foi non, je n'y ai pas songé.
— Tu n'oublies pas, j'imagine, qu'ici vous
n'êtes pas en Angleterre, et tu devines sans peine ce que l'on doit déduire d'une promenade solitaire de Raymond Desormes avec une jeune et charmante Anglaise. On vous proclame de tous côtés fiancés. Je te fais grâce du détail des clabaudages de rigueur. Tu connais assez les gens pour deviner ce qu'ils peuvent penser et dire.
— Mais, chère mère, à supposer que notre promenade, hier, ait suffi à mettre les cervelles à l'envers, on ne peut rien penser et dire que de naturel, à savoir qu'il est normal que Raymond Desormes puisse épouser Josiane Assler.
— Tu as donc pris définitivement ce parti, mon cher enfant ?
— Qui ne le prendrait, après avoir reçu de Josy Taveu d'une afi'ection qu'elle ne saurait accorder, sans doute, qu'à quelqu'un qu'elle juge digne d'elle ! Vous a-t-elle déplu depuis qu'elle est ici?
— Certes, Raymond, c'est une nature tout à fait supérieure, dont je comprends l'attrait et dont je sens la grâce. Je ne l'ai pas assez vue pour la connaître véritablement ; mais je crois sur parole tout ce que tu en dis. Je suis sûre que tu es digne d'elle et qu'elle est digne de toi. Tu m'accorderas bien, cependant, qu'une mère n'envisage pas tout de suite, de la même manière que son fils, le choix de l'épouse qui doit devenir une
fille pour elle. En somme, tu affirmes pour la première fois, avec netteté, ce qui n'était encore qu'à peu près sous-entendu entre nous : tu aimes miss Josiane : elle t'aime, et vous avez échangé vos serments?
— C'est exact.
— Je n'ai rien à y reprendre. Je souhaite seulement, pour toi et pour elle, que vous ne précipitiez point les choses, et que vous preniez bien le temps de vous assurer de la profondeur des sentiments sur lesquels vous comptez équilibrer votre bonheur futur. Le mariage sera pour vous deux la base d'une vie nouvelle, qui est la vraie vie sociale. Vous n'êtes pas, Dieu merci, de ceux qui sont capables d'accomplir un acte aussi décisif sans en avoir attentivement pesé les conséquences. Pour toi, n'est-ce pas, mon cher enfant, c'est un engagement définitif? Rien, je pense, n'est changé dans tes idées, et toutes tes convictions restent entières ?
Elle parlait avec une émotion qui se domine ; ses yeux se rivaient sur les miens pour pénétrer jusqu'à mon âme.
— Vous ne pouvez douter, mère, répondis-je, que je ne reste point attaché à tout ce que vous m'avez enseigné. Je devine ce que vous appréhendez. Nous avons envisagé, Josy et moi, ces
différences de race et de religion, qui font votre inquiétude intime, et c'est, justement, parce que mes convictions subsistent, intactes, que Josy, les sentant fortes, et se trouvant dans la vie sans point d'appui, pleine d'incertitude, s'est attachée à elles en s'attachant à moi. Elle suivait un chemin sans but, guettée par le spleen et gâtée par l'argent. L'existence lui semblait laide, vide, les hommes veules, la société corrompue, et l'indépendance de son caractère l'empêchait de se dévouer aux œuvres que sa mère et ses sœurs ont entreprises. Elle a plus de curiosité qu'elles, plus d'aptitude au monde, plus de goût de l'art et du beau. Elle flottait, incertaine, entre les plaisirs et les renoncements ; et parce que je lui ai paru arrêté dans mes idées, ferme dans mes opinions et, en même temps, accessible aux arts, avec des tendances qui sont les siennes, elle s'est reprise à l'espoir d'une vie normale, en me choisissant pour le guide sur lequel elle ne comptait plus.
— J'entends bien, Raymond. J'avais à peu près démêlé tout cela. Tu es pris à la fois par l'amourpropre et par l'amour. L'un ne va guère sans l'autre, tu le sais.
— Croyez bien, chère mère, répondis-je, que je me suis gardé de toute idée de vanité dans le
sentiment qui m'a de plus en plus attiré vers Josiane Assler.
— Ah ! mon enfant, c'est surtout en amour qu'on s'illusionne aisément sur soi-même autant que sur celle qu'on aime. Avant d'aimer on peut commencer par vouloir aimer, et cette soif d'amour altère déjà, sans qu'on y prenne garde^ le libre arbitre et le raisonnement.
— Je tomberais d'accord avec vous, objectai-je, si vous pouviez formuler une critique, préciser un grief, pour établir que notre réciproque penchant est blâmable de quelque façon.
— Oh ! Raymond, je ne critique ni ne reproche. Je te parle comme une mère doit parler à son fils. C'est plutôt un instinct qu'une conviction, qui me pousse à dire : « Avez-vous assez réfléchi ? Avezvous assez pesé, assez mûri toutes les conséquences et les suites de l'union que vous rêvez ?... » Bon ! je vois à ton attitude que telle est ton assurance. Je ne veux pas insister davantage.
— Je vous en prie, chère mère, ne vous tourmentez point. 11 n'est pas opportun, en effet, d'insister. Vous êtes fatiguée. Ce souci vous énerve. Je comprends que la perspective de mon mariage vous alarme. Mon avenir est en jeu. Votre affection prévoyante évoque des douleurs,
des périls. Mais chassez ces fantômes et ne vous laissez pas émouvoir par l'idée du changement que mon mariage peut amener dans votre vie. Ce changement est inhérent à mon établissement, quel qu'il soit. Or, vous ne m'avez jamais permis de penser que vous ne souhaitiez point de me voir établir et de vous donner la joie d'être grand'mère... Souriez, je vous prie!
Je ne la vis pas sourire, Au contraire, ses traits trahirent de l'affliction. Je crus qu'elle allait pleurer !
— Ah ! repris-je, je ne me pardonnerais point de vous causer du chagrin. Que pourrais-je faire, mon Dieu, qui vous rassérénerait?
— Écoute, Raymond, reprit-elle, se dominant, tu pourrais peut-être, puisque tu vas te promener à cheval avec tes amis, prendre pour but le château de Balmont. Si même on vous retenait à déjeuner, ce qui est probable, accepte. Passez l'aprèsmidi dans cette maison charmante. Tu t'v sens
Ml
comme dans une seconde famille. Je ne serais point fâchée que madame de Balmont connût miss Josiane. Nous aurons plaisir ensuite à parler d'elle toutes deux.
— Vous avez une excellente idée, répondis-je. Je vais m'y conformer absolument.
Je fis quelques pas vers la fenêtre et regardai l'état du ciel.
Ce conseil inattendu, de me rendre, avecTeddy et sa sœur, en visite chez nos plus intimes amis du voisinage me surprenait un peu. J'y soupçonnais une intention secrète. Madame de Balmont, ma mère et la mère de Noémi de Méryl furent élevées "ensemble. C'est madame de Balmont qui a conseillé, à l'origine, l'introduction de Noémi à Laurière. Depuis lors, elle s'est intéressée à sa jeune amie, comme si elle était sa fille.
La conviction que ma mère établissait ou voulait établir une comparaison entre Josiane Assler et Noémi de Méryl, passait de nouveau dans mon esprit... Mais ce ne fut qu'une impression fugitive, car il me parut qu'il était impossible de mettre sur le même plan deux natures aussi différentes et si éloignées l'une de l'autre.
Un appel de la vieille Mathikle me tira de mes réflexions. Elle me faisait signe, de la porte, d'un air qui me semblait bizarre. Elle sortit derrière moi et me dit aussitôt à l'oreille, avec émotion :
— Dépêchez-vous, monsieur Raymond. Michel l'a échappé belle. Vous allez le voir, en bas, dans un joli état.
Je le trouvai dans une petite salle du rez-de*
chaussée, près de l'office, seul, avec Tedcly et la femme de Nony. Il était assis dans un vieux fauteuil Louis XIII. Il tenait, de sa main gauche, un linge mouillé sur le côté droit de sa ligure tuméfiée ; son autre main était enveloppée de linges ensanglantés. Pâle, muette, les lèvres serrées, Nanette le pansait en femme experte. La pièce sentait l'arnica ; devant la fenêtre, qui donnait sur la cour, on avait mis deux chaises sur une table, et tendu sur ces deux chaises une toile bleue pour obvier à l'absence de rideaux.
J'étais aussi stupéfait qu'alarmé ; je déduisais de ce que je voyais que Michel, qui était allé aux Mureaux sur ma vieille jument, avait dû selaisser désarçonner. Je n'en pouvais croire mes yeux, car le gaillard est vissé, lorsqu'il est en selle, et il avait pour monture une bête aussi sûre qu'assagie.
— Comment ! Michel, m'écriai-je, toi, un vieux cavalier, tu as eu un accident avec Bellone?
— Et un accident sérieux, mon Capitaine ; mais, par bonheur, je n'ai rien de cassé.
— EtBeilope?
Michel leva les yeux au ciel.
— Mon cher, intervint Teddy, Bellone est morte et Michel a failli être lue.
— Pourvu que madame ne sache rien de cette
aventure ! soupira Nanette qui se retirait après avoir achevé le pansement du blessé.
— Que dites-vous ? repris-je, Bellone est morte?... Où l'as-tu laissée, Michel?
— Je l'ai laissée au fond d'un ravin dans la côte de Lartige, expliqua-t-il, sans remuer sous ses bandelettes, et voici ce qui s'est passé : quand je suis parti pour aller aux Mureaux... A propos, mon Capitaine, les chevaux étaient au pré. Vous les aurez dans une heure...
— Il s'agit bien de cela ! Parle de ton accident.
— J'y arrive. Je dis donc que je m*en allais. Chemin faisant, je n'ai rien remarqué d'insolite. Bellone et moi nous étions comme deux amis. Je montais tranquillement la côte et j'arrivais à l'endroit où la route est à pic d'un côté, au-dessus du ruisseau de Barbouty. Vous voyez ce que je veux dire ?
— Oui, ensuite.
— ïlyalà trois cents mètres de chemin avec un petit talus haut comme une botte. Plus d'une fois, des gens qui ont eu le malheur do verser pardessus ce talus ont roulé jusqu'en bas et y sont restés. Je passais au milieu de la roule, assis sur Bellone comme dans un fauteuil, lorsqu'une auto est arrivée sur moi à une vitesse folle
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et sans prévenir. Je ne me suis rendu compte de rien du tout. Bellone, frôlée ou touchée, a fait un écart terrible. Je n'en revenais pas ! Heureusement, j'étais sur le côté opposé au ravin, sans quoi, dès ce moment, elle serait tombée dans le trou. Je traitais les gens de l'auto de bandits, d'assassins, d'apaches. Us étaient déjà loin et j'avalais leur poussière.
— A qui appartenait cette automobile ? demandais-je.
— Je n'en sais rien, mon Capitaine, Je n'ai pas eu le temps de voir son numéro, ni si le chauffeur était borgne ou bossu. Mais c'était une belle auto toute grise, qui devait avoir beaucoup roulé. Ma course faite aux Mureaux, je repars. J'étais à pou près au même endroit; derrière moi, j'entends pétarader un moteur. Cette fois, au moins, j'étais averti. Je me retourne, j'aperçois une auto, encore éloignée ; elle n'allait pas vite. Je distingue une machine qui était aussi de couleur grise, une 40 H. P., quelque chose de sérieux. J'aperçois deux hommes : le mécanicien devant, un touriste dans la voiture. On corne, je prends ma droite. Ce coup-là, j'étais du côté du ravin, hélas 1 Ah ! je n'ai pas eu le temps de faire des réflexions. A peine m'étais-je rapproché du vide, que l'auto arrivait brusquement sur moi
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comme si elle s'était emballée. Au risque de piquer une tète dans le trou, elle fait à ma hauteur une embardée à droite. J'entends un bruit de bidons de pétrole sautant sur la route ; je sens un choc, et Bellone file dans le ravin... Je me suis retenu, je ne sais comment, à un arbre contre lequel j'ai été jeté. Mon cheval avait passé sous moi et j'étais suspendu à une branche. En bas, ma pauvre bete gigotait. Devant moi, au loin, il n'y avait plus qu'un nuage de poussière ; aux alentours, personne... Bref, me voilà tout de même et mon opinion est faite : je ne sais pas, mon Capitaine, si vous serez de mon avis, mais l'auto de l'accident est la même que celle qui m'avait frôlé, une demi-heure plus tôt. On me guettait et on voulait avoir ma peau.
Je l'avais écouté avec autant d'émotion que de stupeur. Il parlait simplement, beaucoup moins troublé que moi, peut-être, qui, déjà énervé par d'autres causes, me sentaispoussé dans un drame par cette invraisemblable histoire d'attentat prémédiîô. J'en éprouvais une exaspération sourde qu'accroissait le sentiment de mon impuissance à voir clair là dedans.
J'envoyai Michel, assisté de Nony, attendre dans sa chambre l'arrivée du médecin appelé de
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Saint-Léonard ; et je me rendis sur le lieu de l'accident, avec Teddy imperturbable.
Ma pauvre Bellone s'était fracassée sur des rochers. Elle avait fait une chute d'environ trente mètres. Trois paysans qui passaient venaient de descendre dans le ravin. Je les questionnai sur l'automobile grise et les deux hommes qu'elle portait. Ils ne me répondirent que des absurdités, accusant tout de suite des notabilités du pays. Je les écoulais, les yeux sur le museau ensanglanté de ma vieille jument. Une touffe de bruyère rose s'écrasait sous sa tête ; déjà des mouches bourdonnaient autour de son sang.
— -Tout de même, dit le plus vieux des paysans, un habitant du village de Laurière, je crois bien qu'avant-hier, samedi, la receveuse disait le soir, à la poste, en rentrant de promenade, qu'elle avait vu, de la route, au-dessus du bourg, à l'écart dans un chemin, une automobile qui avait l'air d'attendre quelqu'un. C'était peut-être la même que celle que vous cherchez. Je ne vois pas trop ce que celle-ci pouvait faire de catholique à cet endroit.
Cette indication avait son prix. Nous revînmes vers Laurière.
Teddy, méditatif, montrait dans le peu qu'il disait qu'il était de l'opinion de Michel : il croyait
à un guet-apens. Je voulais être d'un autre avis. Je préférais croire à un accident imputable à la maladresse de touristes qui s'étaient enfuis lâchement après avoir heurté Bellone. Pour moi, tout réfléchi, il n'y avait aucun rapport, sauf dans l'imagination de mon ordonnance, entre la première et la seconde automobile, cause de tout le mal. Je me refusais à concevoir quelqu'un de capable d'organiser, dans notre paisible Limousin, un attentat aussi romanesque, contre un honnête garçon de la condition de Michel. J'allais cependant interroger la femme du facteur-boîtier que Laurière appelle avec pompe la receveuse.
Nous arrêtions notre voiture devant la poste ; je vis le facteur en sortir. Il tenait un télégramme.
— J'allais au château, monsieur Desormes ? dit-il. Cette dépêche est pour vous.
C'est un bon homme dont la figure placide atteste le calme d'une conscience tranquille. Pourquoi remarquais-je sur ses traits et dans sa voix quelque chose d'anormal ?
Je pris le papier Lieu. En même temps, j'aperçus derrière le rideau de la fenêtre de la poste une tête curieuse, celle de la receveuse aux aguets.
Voici ce que je lus :
« Un ami sûr vous supplie ardemment de le re-
joindre au Grand-Hôtel de Limoges, toute affaire cessante, pour une communication de la plus grave importance.